Jour 67 : A la rencontre des Biharis…

Pour notre dernière journée à Bodhgaya, nous commençons par faire un tour dans le quartier de notre guesthouse pour rencontrer les Biharis (habitants de l’état du Bihar). Il faut savoir que le Bihar est un des états les plus pauvres de l’Inde, et il y a un fort taux de criminalité. Les gens ici vivent dans des conditions parfois assez miséreuses… Ceux-ci vivent dans des maisons minuscules en pisée coloré et passent la plupart de leur journée dehors pour dormir, cuisiner, se laver les dents, jouer… on les sent parfois un peu désœuvrés. Les enfants sont adorables, ils nous demandent des photos dès qu’ils nous voient, sans rien nous demander en retour (on est presque surpris car au Népal, les gamins réclamaient de l’argent en échange d’une photo). Ils sont ravis quand on leur montre le résultat sur l’écran de l’appareil et certains nous demandent de leur envoyer les photos. Ces familles vivent dans une grande pauvreté, ils ont toujours le sourire et la bonne humeur, ils ont l’air content qu’on s’intéresse à eux, qu’on vienne les voir, qu’on essaie de discuter bien que la barrière de la langue limite un peu nos échanges. En tout cas, ça donne une belle leçon de vie à nous autres européens qui nous plaignons toujours pour un rien…

L’après-midi, nous allons faire un tour au village de Sujata, pas très loin de Bodhgaya. Il n’y a rien de particulier à voir et le village n’est même pas mentionné dans notre guide. Mais nous voulons y faire un tour pour rencontrer la population. Alors que nous marchons tranquillement, nous sommes accostés pas deux jeunes garçons d’une quinzaine d’année. Ils  nous posent tout un tas de questions comme tout indien qui se respecte (« D’où venez-vous ? Etes-vous mariés ? Avez-vous des enfants ? Quel métier ? »…) et nous suivent jusqu’au village. Ils ne sont pas méchants mais on aimerait bien qu’ils nous laissent car ils commencent à être vraiment collants. On leur dit mais ils font mine de ne pas comprendre et nous répondent « no guide, no guide ». Ils ne sont pas méchants mais ils nous suivent partout à travers le village, nous montre quelques trucs alors qu’on aurait très bien pu se débrouiller tout seuls…

Après avoir fait un tour dans le village et dans les champs qui l’entourent, nous retournons en direction de Bodhgaya… et un des gars nous suit toujours ! Arrivés à Bodhgaya, ils commencent à nous faire tout un speech pour nous dire que son école est chère, patati patata, en gros il nous fait comprendre qu’il voudrait de l’argent ! On s’y attendait un peu car on trouvait ça bizarre qu’il nous suive de partout comme ça… et on avait raison de se méfier. On lui répond gentiment mais fermement qu’on ne lui donnera rien. Pourquoi lui donner à lui plutôt qu’à un autre ? Cela n’est pas dans notre manière de faire, car ça pourrait créer des jalousies, et rien ne nous garantie de ce qu’il fera réellement avec cet argent. Et puis, nous soutenons déjà une association qui vient en aide aux enfants défavorisés du Bihar. Mais c’est toujours assez délicat de gérer ce genre de situation et on est mal à l’aise… Sur ce, il fait demi-tour l’air un peu penaud.

Nous retournons à Bodhgaya, nous nous posons dans un café pour flâner un peu sur Internet avant d’aller récupérer nos sacs à la guesthouse. Nous passons dire au revoir à Rohit et sa famille puis nous filons diner. A 21h30, nous nous mettons à la recherche d’un taxi pour rejoindre la gare. Rajesh nous a vivement conseillé de ne pas prendre les rickshaw la nuit car d’après lui, c’est dangereux… pas très rassurant tout ça ! 30 minutes plus tard, nous arrivons à la gare sans pépin, une fois de plus, il y a des gens couchés partout à même le sol, on se croirait un peu dans un camp de réfugiés !

Intérieur de la gare… objectif : n’écrabouiller personne !

Notre train arrive à l’heure, et nous nous installons en classe 3A c’est-à-dire en compartiment avec 6 couchettes. Le wagon est propre et calme, ça nous change des trains façon « cage à lapins » que nous avons pris jusqu’à présent ! On s’installe sur nos couchettes et ne tardons pas à trouver le sommeil… Une longue nuit de trajet nous attend pour rejoindre Delhi !

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