Jours 73 à 75 : Jaipur… ou contre ?

Du 15 au 17 novembre 2011

Après la trépidante Agra, nous rejoignons Jaipur, la capitale du Rajasthan. Nous ne sommes pas au top de notre forme intestinale, avons passé une très mauvaise nuit à cause du bruit dans la rue juste derrière la fenêtre de notre chambre et le réveil à 4h30 pour prendre le train à 5h10 n’est pas venu arranger les choses ! Une bonne journée de repos dans notre guesthouse au calme de l’agitation nous fera le plus grand bien et nous remettra quasiment sur pied ! Une fois guéri, nous sommes fin prêt pour aller explorer Jaipur, surnommée « la ville rose » car en effet, tout dans cette ville, depuis les façades des bâtiments jusqu’aux stores des magasins est recouvert d’une peinture rose saumon, particulièrement belle à la tombée du jour. Les habitants de Jaipur se plaisent à surnommer leur ville « le Toulouse de l’Inde » (rien que ça !).

Nous commençons par faire une ballade à pied à travers les ruelles de la vieille ville dans lesquelles se succèdent tout un tas de bazaars : Indra Bazaar, Chandpol Bazaar (teinture textile), Tripolia Bazaar (objets en métal et ustensiles de cuisine) puis nous grimpons au sommet d’une haute tour, le point de repère de la ville, duquel nous avons une bonne vue d’ensemble sur la ville. Le petit papi qui nous vend les tickets est adorable, il est ravi de papoter un peu avec nous, lui qui passe la majeure partie de sa journée seul, à vendre des tickets au pied de la tour… Il nous propose de nous prendre en photo devant la tour et s’amuse à jouer au photographe avec notre appareil photo.

Les bazaars animées de la ville…

Jaipur et le fort du tigre au sommet de la colline

La vieille ville rose de Jaipur est certes charmante mais n’est pas des plus agréable : circulation automobile anarchique, pollution sonore, insistance des rabatteurs… On ne peut pas marcher plus de deux minutes dans cette ville sans qu’un type vienne nous proposer d’aller dans telle ou telle boutique ou d’acheter telle ou telle babiole… bien sûr, ils font ça avec un grand sourire en nous appelant “my friend” comme si nous étions des amis. Cette fausse gentillesse, à des fins uniquement commerciales, nous énerve beaucoup car ne nous leurrons pas, la seule chose qui intéresse ces gens : c’est notre portefeuille. Ils ont des dollars qui brillent dans les yeux quand ils nous parlent. Du coup, cette ambiance pesante qui règne gache un peu les bons cotés de la ville mais on essaie de positiver en cherchant des petites rues un peu plus au calme… positive attitude ! En même temps, on ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes, Jaipur est une ville très touristique car c’est la capitale du Rajasthan et elle fait partie du « triangle d’or » (Delhi-Agra-Jaipur), nous le savions !

Nous décidons d’aller faire un tour du côté du Jantar Mantar, un observatoire dans lequel se trouve tout un tas d’instruments destinés à mesurer le temps sur d’énormes cadrans solaires ainsi que la progression de l’astre du jour à travers le zodiaque. On essaie de squatter discrètement avec un groupe de français accompagnés d’un guide qui parle français, histoire d’en apprendre un peu plus ! Et oui, faut savoir trouver les bonnes combines de routard ! Le site est plutôt intéressant si on oublie les dizaines de jeunes collégiens qui passent devant nous en nous dévisageant de la tête au pied… ils ont l’air très intrigués de nous voir ici.

On enchaîne avec le Hawa Mahal, un des édifices les plus célèbres de Jaipur. La façade et les fenêtres roses de l’édifice se fondent parfaitement dans le décor de la vieille ville. Chaque fenêtre dispose de petits volets conçus de manière à permettre aux femmes du harem royal d’observer discrètement le spectacle de la rue et les processions sans être visibles. Depuis le sommet de l’édifice, nous avons une belle vue sur la ville et toute l’agitation qu’il y a dans les rues. Nico discute avec un indien pendant que je m’occupe à prendre quelques photos. Les indiens sont plutôt curieux de manière générale et adore nous poser tout un tas de questions, on se prête au jeu et on leur pose les mêmes questions en retour. Celles qui reviennent systématiquement sont : d’où venez-vous ? Etes-vous mariés ? Avez-vous des enfants ? Quel est votre métier ? Bref, ils aiment qu’on leur raconte notre vie quoi ! Ils sont toujours très étonnés quand on leur dit que nous ne sommes pas mariés, car chez eux, le mariage est une étape indispensable avant de fonder une famille et les jeunes se marient très tôt généralement. Pour finir, Nico prendra une photo avec son pote indien, avec serrage de mains devant l’objectif, c’est très formel tout ça ! Nous sommes une vraie curiosité pour eux, c’est parfois un peu déstabilisant mais on se prête au jeu et ça a l’air de leur faire plaisir.

La façade rose du Hawa Mahal

Toutes ces visites, cette foule et ce bruit omniprésent nous ont creusé l’appétit ! Nous redescendons Johari Bazaar (bazaar des bijoutiers) et nous nous mettons à la recherche d’un resto. Difficile de trouver des restos bons marchés dans la vieille ville envahi par les touristes qui ne rentrent pas forcément dans le cadre « routard qui fait attention à son budget »… résultat : nous nous retrouvons dans un resto super classe et cherchons désespérément sur la carte quel plat rentre dans notre budget. Le serveur nous regarde un peu bizarrement et on se décide finalement pour un plat de nouilles frites aux légumes et un paneer tikka. La note est salée : 500 Rs alors que nous n’avons quasiment rien mangé.

L’après-midi, nous flânons dans Johari Bazaar, une immense rue très animée où il n’y a quasiment que des bijoutiers. C’est une des spécialités de Jaipur et j’en profite pour essayer de dégoter mes petits bracelets de cheville que je cherche depuis longtemps. Après avoir fait plusieurs bijouteries et essayer des dizaines de petits bracelets (les vendeurs devaient péter un câble après mon passage pour tout ranger ^^), je finis par en trouver deux qui me plaisent. Il fait déjà nuit lorsque nous remettons le nez dehors. Nous ressortons de la vieille ville, trouvons un rickshaw pour rentrer à la guesthouse.

Le lendemain, nous décidons d’aller visiter le fort d’Amber, une magnifique citadelle dorée à quelques kilomètres de Jaipur. Pour la première fois depuis que nous sommes en Inde, le chauffeur de rickshaw nous propose de lui-même de mettre en marche le compteur… Fantastique ! On va enfin payer le « vrai prix » et non pas un prix touriste. Il nous montre la grille avec les tarifs appliqués en fonction des kilomètres parcourus, nous avons enfin une idée de ce que coûte réellement une course en rickshaw. Une quinzaine de minutes plus tard, il nous dépose au pied du fort. Nous apercevons toute une file d’éléphants à la queue leuleu sur le chemin pour rejoindre la forteresse, surmontés par des touristes fainéants qui se font trimballés jusqu’au sommet à dos d’éléphants au lieu de marcher ! Tout cela n’a rien de bien authentique d’autant plus que les pachydermes sont dans un piteux état. Nous grimpons à pied jusqu’à l’entrée de la forteresse et filons chercher un audio-guide histoire de comprendre un peu mieux ce que nous voyions. Les commentaires sont très bien fait et nous emmène dans le passé des maharajas à travers les différentes parties du fort qui sont bien conservées. Nous découvrons ainsi les quartiers réservés aux femmes, la salle des victoires recouverte de miroirs colorés, la salle des plaisirs dont la porte en bois est incrustée d’ivoire. Les maharajas menaient une vie paisible dans leur immense palais, ils disposaient d’un harem de femmes et d’une armée de serviteurs voués à agiter des éventails et à répondre aux quatre volontés de leur maharaja. Les

femmes du harem quant à elles n’avaient pas une vie bien marrante : enfermées dans le palais, elles n’étaient pas autorisées à en ressortir et pouvaient seulement contempler la vie extérieure à travers de petits volets minuscules… plutôt triste comme vie ! En plus de ça, elles se menaient une bataille féroce entre elles pour que leur fils soit le successeur du Maharaja.

Nous consacrons tout de même 3 heures à la visite de ce gigantesque fort avant de redescendre retrouver notre rickshaw. De retour à Jaipur, nous faisons un saut au bureau de poste pour renvoyer en France quelques affaires dont nous ne nous servons plus, ça allègera nos sacs ! Nous filons manger un bout dans le seul resto bon marché que nous ayons trouvé dans cette ville, situé à deux de notre guesthouse, puis nous repartons dans le but de grimper la colline qui surplombe Jaipur, au sommet de laquelle se trouve le fort du tigre, duquel nous aurons une très belle vue d’ensemble sur la ville. Effectivement, plus nous montons, plus nous dominons la ville qui est vraiment immense, on ne s’était pas rendu compte à quel point c’était aussi étendu. Depuis le calme de la colline, nous percevons le brouhaha de la ville qui remonte : un mélange de klaxons, de moteurs, de cries, de chants, d’agitation générale… et distinguons tout une armée de singes qui sautent agilement de toits en toits. La vue sur la ville est un enchevêtrement de toits qui forment comme un immense légo désordonné. Les grands immeubles sont absents, il s’agit uniquement de milliers de petites maisons collées les unes aux autres, sans aucun espace vert… nous sommes bien loin du confort de nos villes occidentales.

Vue sur Jaipur depuis le fort du tigre

Globalement, nous sommes un peu perplexes sur cette ville. Certes, la vieille ville rose est plutôt charmante mais ne correspond pas à ce que nous recherchons lors de notre voyage. La ville est surpeuplée, chaotique et les gens ne sont pas tous très sympathiques, loin de là. La plupart cherchent à embrouiller les touristes et ne pensent qu’à l’argent, même si ce n’est pas le cas de tout le monde bien évidemment. Ceci est surement dû en grande partie à l’afflux touristique mais une chose est sûre, ce n’est pas du tout représentatif de l’image que nous avons de l’Inde. Nous préférons les villes plus petites et les endroits plus calmes, où les gens sont sincèrement gentils et ne perçoivent pas uniquement le touriste comme un tiroir-caisse… malgré tout, si on oublie la sollicitation permanente des rabatteurs, il y a quand même quelques bons côtés dans cette ville : flâner dans les bazars, se prêter au jeu de la négociation, et la découverte de l’histoire des maharajas auront été de bons moments pour nous.

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