Jours 76 à 78 : Bundi, petite ville colorée et paisible du Rajasthan

Du 18 au 20 novembre 2011

De nouveau, réveil matinal mais cette fois-ci, c’est pour aller prendre le bus et non le train ! Notre bus pour Bundi est censé partir à 6h45, nous rejoignons la gare routière, achetons quelques fruits et biscuits pour notre petit dej et patientons tranquillement que le bus arrive en papotant avec un couple de canadiens qui vont à Bundi eux aussi. A 7h passés, ne voyant toujours pas de bus à l’horizon, les mecs vont à la pêche aux infos et le gars du guichet leur annonce que le bus est annulé étant donné que nous ne sommes que 4 passagers (nous et les deux canadiens)… Adieu le bus « semi-deluxe » confortable dans lequel on se voyait déjà roupiller tranquillement, bonjour le bus local défoncé ! Bien entendu, le bus est surblindé mais nous avons la chance d’avoir des places assises, ce qui n’est pas le cas de tout le monde : de jeunes mamans voyagent debout dans l’allée centrale avec leur bébé dans les bras, du coup on se sert un peu pour leur faire une petite place sur notre banquette. La route est défoncée et envahie de gros camions qui doublent n’importe comment, on préfère ne pas trop regarder la circulation ! Le bus mettra quasiment 6h pour rejoindre Bundi, il nous dépose à la gare routière et nous rejoignions le cœur de la ville à pied… pfiou on est content d’être arrivé !

Bundi

Bundi est une petite ville paisible nichée au cœur de collines arides, nous retrouvons ici l’ambiance que nous aimons en Inde, les ruelles bordées de havelis (maisons traditionnelles) bleus qui se confondent avec le ciel, les habitants souriants, les marchés colorés, la vie palpitante bref, l’Inde quoi ! Nous sentons que nous allons nous plaire ici, ça fait vraiment plaisir. Nous arpentons les ruelles de la vieille ville, flânons dans le « sabzi market », un superbe petit marché de fruits et légumes coloré et animé comme nous les aimons, dégustons une goyave en plein milieu du marché sous le regard amusé des marchands, bref nous passons un véritable bon moment ! Nous nous occupons aussi des cotés plus « logistique » et réservons nos places pour notre prochain train.

Fresques peintes sur les Havelis (maisons traditionnelles du Rajasthan)

Piments qui sèchent au soleil…

Pain de sucre de canne

Sabzi Market – marché aux fruits et légumes

Cuisine de rue

En début d’après-midi, il fait tellement chaud que la ville devient quasiment morte, les gens sont chez eux au frais en train de faire la sieste et il ne ressortirons que quelques heures plus tard. Quand a nous, nous bullons tranquillement sur le toit terrasse ombragé d’un restaurant. Lorsque la température est redescendue, nous grimpons jusqu’au « city palace », construit sur une colline surplombant la ville. Le palais est un peu défraichi mais comporte quand même quelques belles fresques bleu turquoise et dorées, représentant des scènes passées de la vie des maharajas. Depuis les balcons du city palace, la vue sur les toits colorées de Bundi est chouette et nous apercevons même les singes faire les marioles en sautant de toits en toits… tout en essayant de chipper par ci par là un peu de nourriture, de vrais envahisseurs !

Une fois redescendus, nous bullons tranquillement sur un banc au bord du lac Nawar Sagar, un petit lac artificiel carré dans lequel se reflètent les façades colorées de la ville. Les indiens qui passent devant nous ont l’air très surpris de nous voir ici, de nouveau, nous avons droit à des séances de dévisagement complet de la tête au pied, qui s’achèvent généralement par une photo prise à la hâte avec un téléphone portable… nous sommes des vedettes ici !

Le dernier jour, nous louons une moto pour aller explorer la campagne aux alentours de Bundi. Nous retrouvons l’ambiance rurale des petits villages isolés qui nous plait beaucoup. Nous nous sentons libres sur notre petite moto, à aller où bon nous semble, les gamins et les habitants des villages sont ravis de nous crier des « hello ! » sur notre passage. Nous roulons au cœur d’un paysage aride voir même quasiment désertique et apercevons uniquement la route qui serpente devant nous.

Après environ 1h de route et avec l’aide de certains habitants, nous arrivons à la cascade de Bhimlat, une immense chute d’eau en plein milieu de nulle part. Nous laissons la moto à côté d’un troupeau de buffles qui se baignent dans la rivière et d’une armée de singes qui ont déjà bien repérés que nous avions des bananes dans nos sacs ! Pour voir la cascade, pas d’autre moyen que de traverser la rivière à pieds donc nous quittons nos chaussures et c’est parti, pieds nus dans la rivière en essayant de se frayer un passage entre les pierres et la végétation… mission warrier ! Heureusement, des indiens habitués du coin sont là pour nous indiquer les bons passages car avec le courant, on manque à tout moment d’être emporté et de nous retrouver 20m plus bas ! Nous arrivons sains et saufs de l’autre côté et découvrons la jolie vue sur la cascade. Nous descendons jusqu’au pied des chutes d’eau, la fraicheur de l’eau fait du bien car il fait vraiment une chaleur assommante ! Nous profitons du coin pour pique-niquer : œufs durs, chapatis, bananes et biscuits tandis qu’une famille se baigne dans les bassins naturels à côté de nous. L’eau est un peu verte mais ça doit rafraichir !

Lorsque nous remettons, nous croisons notre loueur de moto qui est venu ici en voiture avec des touristes : il nous annonce d’un air affolé qu’il n’a pas vu notre moto sur le parking, au début on croit qu’il blague mais il semble vraiment sérieux et commence à nous faire flipper ! Voilà un bon moment que nous sommes partis et comme nous n’avons pas d’antivol, il se pourrait très bien que quelqu’un ait embarqué la moto… On reprend donc le chemin du retour sans attendre, on retraverse la rivière en essayant de se souvenir du trajet de l’aller, forcément dans la précipitation, je glisse sur un caillou et m’étale de tout mon long parterre… heureusement, plus de peur que de mal, je suis juste un peu mouillée et aurait probablement un bon bleu sur le genou… les aléas du métier ! Pendant que je reprends mes esprits, Nico essaie de voir si la moto est là. Nous apercevons un rickshaw et une voiture sur le parking, ainsi qu’un groupe de motos qui ne sont pas les nôtres… On croise les doigts pour que la nôtre soit toujours là ! On se rapproche du parking et retrouvons finalement notre moto, à l’endroit précis où nous l’avions laissé, elle était simplement cachée entre le rickshaw et la voiture qui sont arrivés plus tard… On souffle un bon coup, le loueur nous a fait une sacrée peur !

Sur le chemin du retour, nous faisons une petite halte en route pour boire un coup et prendre quelques photos du paysage. Des femmes sont en train de travailler dans un champ, elles nous font signe de nous approcher. Elles se refont une beauté et replacent le voile de leur sari correctement sur leur visage avant de nous demander de les prendre en photo. Après ça, elles sont toutes contentes quand on leur montre le résultat sur l’appareil puis elles se remettent au travail. Ces femmes n’ont pas la vie facile : elles travaillent toute la journée dans les champs en plein soleil et sous une grosse chaleur, accroupies parterre pour travailler la terre à la main, enroulées dans leurs saris qui doivent leur tenir chaud, tout ça pour gagner un bien maigre salaire très probablement… mais pour autant, elles conservent leur sourire, leur bonne humeur et leur gentillesse, et papotent entre elles sans se soucier de leurs conditions de travail.

Après une petite halte à Bundi au bord du lac, nous reprenons la moto et partons en direction d’un autre lac, le Jaït Sagar, qui est en fait recouvert de fleurs de lotus. Quelques kilomètres après le lac, nous traversons de nouveau de minuscules petits villages. La route est très étroite et cabossée, c’est tout juste si une voiture et une moto arrivent à se croiser sans filer dans le fossé. Surtout que les locaux sont parfois un peu kamikazes, ils foncent sans trop se soucier de ce qui se passe en face !

De retour à Bundi et après avoir rendu la moto, Nico a le courage d’aller faire un petit footing tandis que je reste tranquillement à la guesthouse pour prendre une douche et me reposer. Nous filons ensuite dans un cybercafé pour envoyer quelques mails et mettre à jour le blog avant d’aller diner. Nous testons le rajasthani thali ainsi que du riz cuisiné avec des fruits (ananas, mangues et fruits secs), trop bon! Tout ça nous donne des idées de cuisine pour le retour ! Nous regagnons la guesthouse et rassemblons nos petites affaires car demain, nous prenons le train pour rejoindre Chittorgarh puis Udaipur… le voyage continue !

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