Jours 115 & 116 : Eco-trekking à la rencontre des minorités ethniques

 27 et 28 décembre 2011

J115&116_Luang Namtha

Sabadiii des enfants à l’entrée d’un village !

Après avoir avalé notre muesli-yogourt et partagé une pancake-banana, nous laissons nos gros sacs à la guesthouse et attrapons nos petits sacs, avant de filer à l’office du tourisme ! Le rdv est fixé à 9h pour le départ du trek. Lorsque nous arrivons, nous avons la chance de voir que nous ne serons que tous les deux avec le guide ! Et qui plus est, notre guide parle français ! Nous préférions être que tous les deux pour ce trek car l’objectif est d’aller à la rencontre des minorités ethniques et on s’imaginait assez mal être tout un troupeau de touristes en train de débarquer dans les villages… donc c’est beaucoup mieux comme ça ! Nous montons à bord d’un tuc-tuc qui nous conduit jusqu’au point de départ du trek. Sur la route, nous apprenons que notre guide est cultivateur de riz et pêcheur, et qu’il complète son revenu par le métier de guide, qu’il exerce depuis 8 ans.

La première partie du trek n’est pas hyper passionnante, nous marchons dans la forêt et ne croisons aucun village… en plus, je ne me sens pas très en forme, mes jambes refusent d’avancer sur ce chemin qui grimpe… Nous nous arrêtons aux alentours de midi pour la pause déjeuner, dans une petite cabane ouverte et notre guide nous sort tout un tas de victuailles (riz gluant, poulet,…) que nous mangeons avec les mains dans des feuilles de bananiers, à la façon laotienne !

Après le repas, je me sens mieux ! Nous reprenons notre chemin dans la forêt et quelques temps plus tard, nous croisons quelques villageois assis autour d’un feu. Ils nous proposent de partager avec eux un verre de « sticky rice wisky » (un alcool local), vraiment sympa. Ces villageois transportent de gros sacs de riz sur leur dos (qui pèsent jusqu’à 30 kg, y compris pour les femmes) et parcourent des km à travers la forêt pour aller de villages en villages afin de vendre ou échanger leur riz… courageux ! Et moi qui me plaignais parce que je n’arrivais pas à mettre un pied devant l’autre ce matin, je me sens bien bête maintenant !

Villageois rencontrés sur le chemin

Nous arrivons en début d’après-midi au village Khamu où nous passerons la nuit. Le village est construit le long de la Nam Ha River. Il est vraiment isolé de tout, et n’est accessible qu’à pied par la forêt. Les maisons sont toutes construites sur pilotis, séparées les unes des autres par une sorte de chemin poussiéreux. Le toit des maisons est fabriqué avec des feuilles de cocotiers et nous apercevons des villageois en train de fabriquer de nouveaux toits pour leur maison afin de remplacer les anciens usagés… c’est vraiment la vie rustique ! Les enfants jouent dehors au milieu des cochons, des poules, des vaches et des chiens ! Il y a des chiens partout dans ce village et plus particulièrement, des bébés chiens. Notre guide nous expliquera par la suite que les villageois Khamu mangent les chiens… Cette tribu (originaire du Cambodge) se nourrit donc grâce à l’élevage des animaux et vit grâce à la culture du riz qu’ils vendent, échangent, donnent et mangent aussi ! Bien entendu, ils n’ont pas accès à l’électricité et encore moins à l’eau courante ! Il y a simplement 1 ou 2 points d’eau installés dans le village où les villageois viennent se ravitailler. N’ayant pas accès aux soins médicaux, les villageois utilisent une médecine traditionnelle à base de plantes qu’ils trouvent dans la forêt. On réalise à quel point ces gens ont un quotidien différent du nôtre, on a parfois comme l’impression de ne pas vivre dans le même espace-temps… comme si eux s’étaient perdus quelque part entre le 16 et le 18ème siècle.

Fabrique des toits en feuilles de cocotiers

Petits greniers à riz

Maison du village

Villageois Khamu

La “supérette” du village

Enfants du village

Le soir, notre guide nous prépare à manger avec l’aide de deux villageoises. Nous mangeons dans le noir, éclairés uniquement pas une lampe de poche, avant d’aller nous réchauffer auprès du feu. La nuit tombe rapidement et le village est plongé dans le noir, tout est silencieux. Notre guide est déjà allé se coucher tandis que nous trainons un peu autour de la lumière (et de la chaleur) du feu, avant d’aller nous aussi nous coucher à notre tour… sur nos paillasses !

Le lendemain, nous nous réveillons après presque 12h de sommeil… mais on a mal partout ! Nous allons prendre notre petit dej préparé par notre guide (riz gluant et omelette à la tomate). Nous mangeons du riz gluant matin, midi et soir, ça nous colmate l’estomac !

Notre ptit dej de trekkers !

Puis nous rangeons nos affaires afin de reprendre notre marche. Nous commençons par longer la Nam Ha River avant d’arriver environ 2h plus tard dans un autre village Khamu où les enfants sont à l’école. Dès qu’ils nous aperçoivent, ils nous accueillent avec des « falang, falang !! » (touriste !).L’instituteur est parti je ne sais trop où et les enfants sont voués à eux-mêmes. Nous en profitons pour passer un moment avec les enfants, Nico leur montre notre petit album photo, ça les intéresse beaucoup ! En guise d’école, simplement quelques bancs et bureaux en bois posés au milieu de la terre poussiéreuse, et une école construite en bambou entourée d’un grand terrain vague, qui sert de cour de récréation… on est bien loin du confort et de la modernité des écoles de chez nous.

L’école et la classe

Villageois autour de l’école

Nous poursuivons de nouveau notre route et arrivons cette fois-ci dans un village Lanten. Les villageoises Lanten sont reconnaissables grâce à leur habit traditionnel : une sorte de longue tunique couleur bleu marine, entourée d’un ruban rose fushia. Certaines d’entre elles portent de gros bandages autour des mollets, « pour éviter les piqûres d’insectes » selon notre guide, mais je pense qu’il y a une autre explication. Nous nous arrêtons dans ce village pour notre pause-déjeuner puis nous partons faire un tour à pied dans le village. Les villageoises essaient de nous vendre leur artisanat local (des petits sacs fait main et des bracelets) mais nous refusons poliment. Nous ne voulons pas que les touristes soient assimilés à des portefeuilles et nous savons qu’une partie de l’argent que nous avons payé pour le trek va directement aux chefs des villages que nous traversons (d’où le nom d’éco-trekking).

Villageoises Lanten

Pour la deuxième partie de la journée, nous marchons dans une épaisse jungle et le climat est devenu vraiment humide ! Nous sommes entourés d’une végétation luxuriante, faite de hautes lianes et de plantations de bananiers, et certains arbres qui nous entourent ont plus de 500 ans…

Une fois sortis de la jungle, nous croisons des villageoises du village où nous avons dormi qui se rendent à Luang Nam Tha à pied pour vendre des tiges de bambous qu’elles portent sur leur dos !! Une longue journée de marche les attend et elles devront passer la nuit à Luang Nam Tha pour pouvoir être tôt au marché le lendemain matin. Décidemment, on fait vraiment des rencontres improbables dans cette forêt !

Notre trek se termine dans un dernier village où les ethnies Khamu et Lanten cohabitent dans un même village. Ce village est spécialisé dans la fabrication des tuniques bleues marines que portent les villageoises Lanten. Nous apercevons de longs tissus teint qui sèchent au soleil et des villagoises utilisant le « rouet » afin de filet la laine.

Enfants du dernier village

Atelier de tissage/filage de la laine

Notre trek s’achève ici et nous retrouvons le tuk-tuk qui nous ramène jusqu’à Luang Nam Tha ! Ces deux jours auront été riche culturellement parlant grâce aux minorités ethniques que nous avons pu rencontrer sur notre chemin, ou à travers les différents villages que nous avons croisés. C’était vraiment très intéressant d’avoir un aperçu du quotidien de ces gens et de leur mode de vie. Ces gens ont toujours le sourire et se contentent du peu de choses qu’ils ont au travers de leurs vies simples.

Pour notre dernière soirée à Luang Nam Tha, nous retournons diner au marché de nuit. Nous partageons une bière Beerlao suivie d’une salade de papaye verte pour moi (spécialité locale) et d’une soupe de nouilles pour Nico. Nous terminons par des beignets de bananes… trop bon ! Puis nous rentrons nous mettre au chaud dans nos lits pour regarder nos deux épisodes de « How I met your mother », qu’est-ce qu’on se marre en regardant cette série !

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