Jours 147 à 150 : La campagne cambodgienne à Battambang

 27 au 30 janvier 2012

J147à150_Battambang

Un petit tour en Bamboo Train ?

Notre séjour à Battambang (2ème ville du Cambodge par sa taille, située au nord-ouest du pays) commence par une longue discussion avec un “monk” (moine bouddhiste). Il vient nous accoster alors que nous sommes en train de nous promener aux abords d’un “vat” (temple) et nous commençons à papoter avec lui, de tout, de rien… de la vie au Cambodge, de son choix de devenir moine, de sa famille qui vit loin de lui. Et puis, il nous questionne sur la France aussi, et il a l’air tout surpris lorsqu’on lui explique que chez nous aussi, il y a du chômage… il s’imaginait un peu la France comme le paradis terrestre !

Il n’a que 24 ans et pourtant, il est moine depuis déjà 8 ans ! Il a fait des études d’agriculture ce qui lui permettra de se reconvertir si jamais un jour il décide d’abandonner sa toge safran ! Il nous fait signe de le suivre un peu plus à l’intérieur du monastère et il nous montre la petite pièce où il vit.

La conversation aurait pu durer des heures, car notre ami moine est très bavare, et il a l’air ravie de discuter avec nous. Et puis, nous aussi nous sommes content de cet échange, c’est pas tous les jours qu’on discute avec un moine bouddhistes ^^ !

Pendant ce temps, d’autres font la sieste, non loin de là !

La journée se poursuit par un petit tour en Bamboo train ! Celui-ci compte parmi les expériences mémorables et pour cause : le Bamboo Train (ou “nory” en Khmer) se compose d’un plateau en bois d’une longueur d’environ 3m, entièrement recouvert de fines lattes de bamboo et déposé sur les rails. Le génie de ce système est qu’il permet de résoudre un problème existentielle sur une ligne à rail unique : que faire quand deux trains arrivent en sens opposé ? Avec le système de Bamboo train, la solution est simple : l’un des deux trains est rapidement démonté et déposé sur le sol à coté des rails afin de libérer la voie au train qui arrive en face ! Le système est vraiment ingénieux. La voiture qui transporte le plus de passagers est prioritaire et, dans tous les cas, les trains qui transportent des motos ont la priorité.

Démontage du Bamboo train

Nous voilà donc partis en fin d’après-midi à la station de Bamboo train, située à quelques kilomètres à l’extérieur de la ville. Nous achetons nos tickets et partageons notre Bamboo train avec un coréen. Et nous voilà partis sur notre petit wagon de fortune à travers la campagne, nous sommes rapidement bercés par le cliquetis du train sur les vieilles rails complètement voilées !

A plusieurs reprises, nous croisons des trains qui arrivent en sens inverse. C’est tantôt notre tour de démonter le train, tantôt celui des autres ! Le Bamboo train est devenue une véritable attraction touristique et nous croisons de nombreux wagons de touristes qui étaient eux aussi curieux de découvrir ce système ingénieux. Toutefois, le Bamboo train continue également d’être utilisé par la population locale, car il faut bien l’admettre : c’est super pratique pour eux aussi !

Au bout du trajet, nous arrivons dans un petit village en pleine campagne. Les gens du coin ont su tirer profit de la curiosité locale et vendent tout un tas de babioles sur le bord du chemin (boissons fraiches, noix de coco, artisanat local,…). Nous faisons un rapide tour à pied et visitons une fabrique de briques (avec un four traditionnel qui permet de fabriquer les briques et tout ça, ça intéresse beaucoup Nico!). Puis nous voilà repartis en sens inverse à bord de notre petit train. Le soleil se couche progressivement sur la campagne et les couleurs sont magnifiques !

Malgré le côté un peu touristique, nous sommes plutôt content de cette expérience car on se dit que ce moyen de transport sera sans doute amené à disparaitre. De retour à Battambang, nous nous installons dans un resto WIFI et en profitons pour skyper nos familles… ça commençait à faire longtemps qu’on ne les avaient pas eu au téléphone, et ça nous fait plaisir de les entendre !

Tour en tuk-tuk dans la campagne cambodgienne :

Pour notre deuxième jour à Battambang, nous partons explorer la campagne cambodgienne ! Et oui, car le principal attrait de la région est la campagne environnante, et la ville de Battambang en elle-même n’a pas grand intérêt. L’idée de départ était de louer une moto et de partir tous les deux, comme on aime bien le faire d’habitude ! Mais arrivés à la réception de la guesthouse, nous tombons nez-à-nez avec Grégoire, un français originaire de Chambéry que nous avions rencontré à Vientiane (c’est fou comme le monde est petit, voire même minus de chez minus ^^). Lui est en train de négocier un tour en tuk-tuk et il nous propose de se joindre à lui, ce qui permettra de partager les frais à trois. L’idée nous tente bien d’autant plus que le chauffeur de tuk-tuk a l’air cool, il veut nous emmener dans plein d’endroits ! Alors ma foi, on se pose pas de questions trop longtemps, et banco ! Nous partons tous les 3 !

La campagne cambodgienne…

C’est ainsi que notre tuk-tuk nous trimbalera toute la journée à travers la campagne et nous fera découvrir les principaux points d’intérêts : vieille demeure en bois, plantations diverses et variées (et notamment, plantation de cacahuètes, chose qu’on avait encore jamais vu!), rivière, pêche, etc… la ballade est bien agréable ! Il nous fait gouter des spécialités locales… pour le moins, “locales” : l’oeuf de canard, avec le poussin entier à l’intérieur… les cambodgiens en raffolent ! Et il faut dire que même si au début, on était un peu repoussés par l’idée de manger un pauvre petit poussin, nous avons finalement accepté, et on doit admettre que c’est pas mauvais du tout ! En fait, ça n’a ni plus ni moins le goût du poulet ! Halala, ces cambodgiens, ils ont pas fini de nous surprendre !

Nous terminons la ballade par le “phnom sampeau”, une sorte de montagnes de calcaire qui offre une belle vue sur la plaine et la campagne. Malheureusement, cette montagne renferme aussi de tristes souvenirs : c’est à cet endroit que les Khmers rouges ont massacré de nombreuses personnes en les torturant avant de les jeter depuis le sommet de la montagne tout au fond du canyon… glauque ! Voilà encore un bien triste exemple des abominations commises par les Khmers rouges…

Après ça, notre chauffeur de tuk-tuk nous ramène à Battambang et nous finissons la journée pépère !

La campagne en vélo et la cuisine Khmer :

Nous profitons de la matinée pour rester tranquille à la guesthouse et organiser un peu la suite du voyage ! Sur les coups de 10h, nous décidons d’aller prendre l’air et nous louons des vélos pour partir de nouveau dans la campagne, mais au nord de la ville cette fois-ci. Nous sortons progressivement de Battambang, longeons la rivière et nous nous retrouvons très vite dans un environnement beaucoup plus rural. Le vélo est un moyen de transport très agréable pour visiter la campagne : on pédale à notre rythme et on a plus le temps pour observer l’environnement qui nous entoure, et puis la ballade est vraiment sympa !

Nous découvrons une campagne vraiment très verte, un vert de chez vert, genre fluo quoi ! C’est la première fois que nous voyions ce genre de paysages car étant en saison sèche, d’habitude, les terres agricoles sont plutôt complètement asséchées, couleur jaune paille ! Donc là, comment dire ? On est un peu comme des dingues de voir ça !

Une ballade en vélo à travers la campagne cambodgienne est aussi l’occasion d’assister à de belles tranches de vie quotidienne : petites écoliers qui rentrent de l’école avec leur cartable sur le dos, marchands ambulants avec leur vélo surchargé, moines qui se font transporter à l’arrière des scooter… de biens jolis moments !

11km et 1h de vélo plus tard, nos estomacs commencent à crier famine. Du coup, demi-tour, retour à la casa ! Nous déjeunons tranquilou dans un petit resto de Battambang, tout en pestant parce que les quantités ne sont pas suffisantes par rapport au prix : une salade-poulet à 2,50$ où il n’y a quasiment que de la salade verte, ça va pas le faire ! Du coup, on se console en allant s’acheter des gros gateau roulés dans une petite bakery de rue… trop bon !

Sur les coups de 4h, nous partons pour notre cour de cuisine Khmer ! Ca fait longtemps qu’on avait pas fait de cour de cuisine, et l’idée nous tentait bien. Nous faisons connaissance avec les deux autres personnes qui font le cour avec nous : un couple sino-anglais (elle est chinoise, lui est anglais) qui vit en Chine. Le cour commence par un petit tour au marché local durant lequel notre prof de cuisine nous présente tout un tas d’ingrédients qui sont utilisés dans la cuisine Khmer mais que nous ne connaissions pas. Et nous en profitons aussi pour faire les courses, accessoirement !

Les courses au marché

Machine qui sert à extraire le lait de coco !

De retour à la cuisine, nous enfilons nos tabliers et nous nous mettons à la tâche ! Nous apprenons à cuisiner trois plats : le “fish amok” (du poisson cuit à la vapeur dans une feuille de cocotier avec une sauce au lait de coco), le “lok-lak” : le plat Khmer par excellence (du boeuf sauté à la poêle dans une sauce sucré-salé avec un oeuf sur le plat et des crudités) et pour le dernier plat, nous choisissons les spring rolls tandis que nos copains-cuisiniers choisissent la soupe Khmer. Le cour est vraiment intéressant, chacun a son petit atelier de cuisine, ce qui permet de beaucoup pratiquer !

Au boulot ! 

Notre prof de cuisine !

Une fois les plats terminés, nous nous posons tous les quatre pour les déguster et nous sommes plutôt content du résultat ! Un fois nos plats engloutis, nous passons la fin de soirée à papoter tranquilou sur la terrasse du resto.

Les spring rolls

Le beef lok-lak 

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