Jours 264 à 266 : L’Île de Pâques (1/2), un confetti de terre dans l’océan Pacifique…

Du 24 au 26 mai 2012

Un peu d’histoire …

L’île de Pâques (ou Rapa Nui) a été découverte le dimanche de Pâques 1722 (d’où son nom) par un explorateur hollandais du nom de Jacob Roggeveen. L’île est située à 3700 km des côtes chiliennes, en plein milieu de l’océan Pacifique. Elle fait seulement 24km de long pour 12km de large, soit une superficie totale de 117 km²… un confetti de terre dans l’immensité de l’océan ! Le territoire fut annexé par le Chili en 1988. L’île est notamment célèbre pour les grandes statues de pierre appelées « Moai » qui tournent le dos à la mer… Un halot de mystère repose sur l’origine et la signification de ces géants de pierre ainsi que sur l’origine exacte des premiers habitants de l’île. Lors de la découverte de l’île, la plupart des Moai étaient renversés (probablement au cours de divers conflits ayant opposé les différents clans de l’île). Certains d’entre eux ont fait l’objet d’une restauration au cours du 20ème siècle.

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1er jour : cratère du Rano Kau et village cérémoniel d’Orongo

Après une nuit de sommeil agitée (serait-ce à cause des esprits qui hantent l’île ?… gniark gniark gniark), c’est à pied que nous partons découvrir l’île pour notre première journée. Nora nous emmène en voiture jusqu’au départ du sentier qui grimpe jusqu’au cratère du volcan Rano Kau, et nous voilà partis ! En ce début de journée, le soleil brille et Nora nous a dit que la journée s’annonçait « muy linda » (très belle)… sauf qu’au bout de 5min de marche, une averse nous tombe sur le bout du nez et les gouttes de pluie viennent s’écraser sur nous, de gros nuages noirs sont venus envahir le ciel et nous tentons tant bien que mal de nous mettre à l’abris sous les arbres. Heureusement, ça ne dure pas, et quelques minutes plus tard, le soleil refait son apparition et on meurt de chaud… Haaa c’est donc ça un climat subtropical… ? Bref, tout ça pour dire que nous grimpons jusqu’au cratère du Rano Kau, un des trois volcans qui est à l’origine de la formation de l’île (aujourd’hui, tous ces volcans sont éteints).

La maison de Nora & Tulio

Le chemin monte à travers une sorte de champs tout vert avec plein de petites fleurs jaunes, et un joli panorama sur le littoral et sur l’île se dévoile derrière nous. Nous finisssons par rejoindre la route qui mène jusqu’au cratère et quelques touristes qui sont venus jusqu’ici en voiture… bouhhh les fénéants ^^ !

Sur le chemin…

Puis nous découvrons le lac de cratère du volcan Rano Kau, qui nous fait un peu penser à un chaudron géant de potion magique, avec les roseaux et la végétation qui flottent à la surface de l’eau. Panoramiiiiix !!… Mais où es-tu ??

Le cratère du Rano Kau

Nico… sans son bob (héhé ^^ !)

Nous poursuivons un peu plus loin jusqu’aux vestiges du village cérémoniel d’Orongo. C’est un des sites importants de l’île, riche en histoire pour les pascuans (habitants de l’île de Pâques). Le village est construit au sommet des falaises du volcan, et est constitué de plusieurs maisons de pierre de forme arrondie. Les chefs des différentes tribus se rendait à Orongo chaque année pour le déroulement d’une compétition qui consistait à obtenir le 1er oeuf d’un oiseau qui nichait sur les minuscules ilôts (motu) situés juste en face du village. Ainsi, chaque participant à la compétition devait descendre la falaise puis nager jusqu’aux îles afin de trouver ce fameux oeuf. Le premier participant qui trouvait l’oeuf se voyait décerner le titre de « homme-oiseau » (tangata manu), ce qui représentait un statut prestigieux pour la communauté. La dernière compétition a eu lieu en 1867. Le village compte également de nombreux pétroglyphes représentant l’homme-oiseau (un corps d’homme avec une tête d’oiseau et un long bec).

Les petits îlots (motu) au large de Rapa Nui

Village cérémoniel d’Orongo

Pétroglyphes représentant l’homme-oiseau (tangata manu)

Cette visite est très intéressante et nous permet d’avoir un premier aperçu de l’histoire de l’île et des rituels pratiqués par les ancêtres des pascuans. Après la visite, nous redescendons vers le village. Nous longeons la côte très escarpée et balayée par les vents et les vagues, et nous arrêtons dans une grotte creusée dans les falaises noires volcaniques, dans laquelle se trouvent des peintures rupestres représentant notamment des oiseaux.

La côte escarpée de l’île

Petites paillots pour se reposer…

Jolies fleurs des îles…

La fameuse grotte

Peintures rupestres représentant des oiseaux

Après cela, retour à la maison pour la fin de journée ! Tulio nous montre le DVD du dernier festival Tapati qui se tient sur l’île durant 15j au moins de février. Ca à l’air haut en couleurs et en animation, mais pour pouvoir y assister, il faudra revenir !

2ème jour : Balade sur la côte ouest et au centre de l’île

Nous avalons le petit dej’ préparé par Nora et partons pour une deuxième journée à pied. Cette fois-ci, nous mettons le cap sur la côte ouest, et sur la partie au centre de l’île. Un circuit d’une bonne dizaine de km nous attend ! Nous suivons un chemin caillouteux et poussiéreux, qui longe la mer et permet d’avoir quelques beaux points de vue sur la côte déchiquetée de l’île.

Ils sont mignons…

Littoral le long de la balade

Les hautes falaises !

Nous faisons un premier stop dans une grotte surnommée « dos ventanas », en raison des deux fenêtres creusées dans la roche qui donnent sur l’océan. La vue est vraiment belle ! On s’imagine parfaitement les ancêtres des pascuans qui devaient se réunir ici autrefois dans leur caverne secrète…

Entrée de la grotte…

Arme trouvée dans la grotte…

Les deux fenêtres…

Vue sur l’océan depuis les fenêtres… sympa !

Un peu plus loin sur notre chemin se trouve les ruines d’un « ahu » (nom donnée à la plateforme de pierre qui soutient le moai). Plusieurs moais effondrés sont éparpillés autour de l’ahu, certains ont perdu leur tête. On dirait qu’ils attendent que quelqu’un viennent les relever… c’est un peu triste ! Lorsque l’île a été découverte, tous les moai étaient renversés, probablement à cause des conflits internes qui opposaient les insulaires. Ainsi, l’île compte de nombreux sites comme celui-ci, sur lesquels les moai sont toujours dans leur état originel…

Ahu Te Peu

Voilà ce qu’il reste des Moai renversés…

Une brésilienne nous récupère le long du chemin et nous propose de nous conduire (dans sa voiture de loc’) jusqu’à l’Ahu Akivi, vraiment sympa, nous acceptons volontiers ! Cet Ahu (restauré en 1960) supporte sept Moais (ceux-ci sont debout). La particularité de ces Moais est qu’ils font face à la mer (alors que tous les autres moais de l’île lui tournent le dos). Autre particularité de cet Ahu : il est érigé à l’intérieur des terres alors que tous les autres sont situés en bord de mer. Personne ne connait précisemment l’explication à tout cela, mais de nombreuses légendes courent à ce sujet… Tulio nous en racontera d’ailleurs certaines d’entre elles le lendemain.

Pour vous donner une idée de leur taille, je suis debout derrière les deux Moai…

Nous poursuivons notre visite du jour par la carrière des Pukao. Encore un terme barbare me direz-vous ? Les Pukao est en fait le nom donné aux coiffes de pierre rouge qui ornaient la tête de certains Moai. Ces coiffes ont été façonnées dans une roche rouge, extraite du cratère d’un petit volcan appelé Puna Pau.

La carrière des Pukao (coiffes)

Quelques Pukao éparpillés sur le sol

Nous rejoignons la route principale goudronnée et parcourons les deniers km qui nous séparent du village. Nous tentons de faire du stop… en vain. Et la pluie commence à s’abattre un peu sur nous. Nos jambes sont fatiguées par cette longue journée de marche et nous avons hâte de rentrer au bercail !

Une Moai avec son Pukao (coiffe rouge)

3ème jour : Visite du musée anthropologique et Ahu Vinapu

A la base, notre plan était de louer des vélos pour parcourir les sites les plus éloignés de l’île… Seulement voila, le vent a soufflé toute la nuit et ce matin, le temps est toujours menaçant, du coup, comme nous avons encore plusieurs jours à passer sur l’île, nous décidons de laisser tomber le vélo pour aujourd’hui. Nous en profitons pour aller visiter le musée anthropologique, situé à deux pas de la maison, et qui nous permettra d’en apprendre un peu plus sur l’histoire énigmatique de cette île.

Effectivement, la visite du musée s’avère très intéressante et instructive et nous permettra probablement de mieux comprendre les sites que nous visiterons par la suite. Nous en apprenons davantage sur l’origine et la découverte de l’île mais aussi sur toute l’histoire qui trône autour des fameux Moai. Nous apprenons notamment que l’île compte 887 Moai très précisemment qui ont été fabriqués jusqu’au milieu du 18ème siècle ! Certains mystères n’ont toujours pas été résolus, notamment sur le mode utilisé pour transporter les Moai jusqu’à leur plateforme (Ahu). De nombreuses hypothèses ont été émises mais aucune n’a pu être vérifiée. Personne ne connait non plus la signification exacte de ces statues. La thèse la plus probable est que les Moai incarnent les ancêtres et qu’ils regardent à l’intérieur des terres afin de protéger les villageois. Là encore, cela n’a pas pu être vérifié. C’est déconcertant tout le mystère autour de l’histoire de cette île, mais c’est aussi ce qui en fait tout le charme ! La principale explication a cela est que la tradition s’est perpétuée de manière orale uniquement, et comme les ancêtres des pascuans ont été quasiment décimé par l’esclavage et les guerres successives, la tradition orale a fini par se perdre… et aujourd’hui, seules les légendes subsistent ! Le musée compte aussi de nombreuses collections de bijoux, outils, armes… utilisés autrefois par les habitants de l’île. Après cela, nous faisons un petit tour dans la bourgade d’Hanga Roa et nous en profitons pour acheter quelques cartes postales.

Bébé-plage à Hanga Roa

Eglise d’Hanga Roa

Ca fait rêver !

Puis nous nous rendons jusqu’à un autre site appelé Ahu Vinapu. La particularité de cet Ahu (dont tous les Moai sont renversés…) est qu’il comporte des similitudes avec des vestiges incas. Nous ne sommes pas suffisamment connaisseurs pour arriver à distinguer les particularités incas, mais quand même, on se pose une question : quel rapport entre les Moai de l’île de Pâques et les statues Incas ? Là encore, c’est un mystère…

Ahu Vinapu

… et ses Moai renversés…

Lorsque nous sommes sur le chemin du retour, une averse vient nous prendre par surprise, et des trombes d’eau viennent s’écraser sur nous… En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, nous sommes littéralement trempés de la tête aux pieds… Nous cherchons désespéremment un abris et nous nous refugions sous un petit toit. Ca dure 5 minutes, puis la pluie s’arrête d’un seul coup… Il est vraiment bizarre ce climat !

C’est la tempête sur l’île de Pâques !…

… On vous raconte la suite très vite !

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