Jours 267 à 270 : L’île de Pâques (2/2) et ses « Moai », enveloppés de mystères…

Du 27 au 30 mai 2012

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4ème jour : Session Curanto à Hanga Roa !

De nouveau, le temps n’est pas vraiment au rdv en ce début de journée et nous décidons de repousser encore notre journée de vélo. Le vent n’a pas cessé de souffler toute la nuit et de grosses averses sont tombées sur le toit de la maison… on pensait dans notre sommeil « mon Dieu, le ciel est en train de nous tomber sur la tête » ! Le climat est vraiment particulier sur cette île. En l’espèce de 5min, il peut tomber des trombes d’eau puis faire un soleil resplendissant… c’est à n’y rien comprendre ! Du coup, on est une fois de plus obligés d’adapter notre programme, et puis vu le prix des locations de voitures, on préfère opter pour le vélo (à la fois plus économique et plus sportif !). Du coup, on remet ça à demain en croisant les doigts pour que cette fois-ci, ce soit la bonne ! En attendant, Nora nous propose d’aller au Curanto, organisé en ville. Le Curanto est un plat typique du Chili et nous avions déjà eu l’occasion de tester lorsque nous étions à Chiloé. Mais cette fois-ci, nous avons la possibilité de le voir préparer à la manière traditionnelle, c’est à dire dans un trou creusé dans la terre. La nourriture est distribuée gratuitement, et ça a beaucoup de succès auprès des gens du coin qui sont venus en famille avec leur petit sachet plastique pour récupérer leur curanto. Un petit groupe de musique s’est installé dans un coin pour mettre un peu d’ambiance, tandis que nous faisons la queue comme tout le monde, pour récupérer notre ration de curanto !

Un peu d’animation pour le curanto…

La file d’attente est longue !

Le temps a l’air de s’arranger un peu et nous décidons de louer les vélos. Nous négocions le prix et gagnons quelques précieux pesos, sur l’île où tout est si cher, c’est toujours ça de gagné ! Nous parvenons même à grapiller quelques heures pour le rendre un peu plus tard que prévu, sans même avoir eu besoin d’insister, trop facile ! Nous espérons pouvoir faire un peu de vélo cet après-midi et en attendant, nous nous posons au bord de la mer pour manger notre Curanto. Vu comme ça, ça n’a pas l’air bien appétissant, mais en fait c’est pas mal. La viande est super tendre et puis ça permet de goûter à la spécialité locale ! Une averse vient de nouveau changer nos plans, et finalement, nous décidons de rentrer à la maison. Du coup, nous passons une bonne partie de l’après-midi à discuter avec Tulio tout en buvant un café, qui nous raconte tout un tas d’anecdotes et de détails croustillants sur l’île et ses légendes…

5ème jour : en vélo sur la côte sud de l’île !

Cette fois-ci, la journée s’annonce ensoleillée. Bon certes, nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne averse, mais on croise les doigts pour que ça n’arrive pas ! Nous enfourchons nos vélos et partons découvrir le côte sud, qui compte plusieurs sites parmi les plus importants de l’île. Evidemment, nous avons mal aux fesses et aux mains au bout de 5min, et au bout d’1/2 minutes, on en a déjà marre de la montée mais quand même, le vélo c’est sympa ! Et puis on réalise que ça fait un petit bout de temps qu’on avait pas fait de vélo puisque la dernière fois remonte aux temples d’Angkor, ça semble loin ! Une fois sortis de la ville, nous sommes au coeur de la nature et d’un cadre plutôt chouette : sur notre gauche, de vastes champs verts où pèssent vaches et moutons, et autres chevaux en liberté, et sur notre droite, la côte rocheuse et la mer. Autant être motivés, car 15km nous attendent pour aller jusqu’à l’autre bout de l’île mais heureusement, la journée est belle et nous sommes ravis d’avoir choisi ce moyen de locomotion qui nous permet de profiter pleinement de l’île !

Décidemment, cette côte est vraiment splendide !

Et en vélo, c’est juste le top !

Nous faisons un premier stop à l’Ahu Vaihu puis à l’Ahu Akahanga, qui comportent tous les deux plusieurs Moai renversés, ainsi que les vestiges d’un village, notamment les fondations de plusieurs « maisons-bateaux » (maisons dont la base a la forme d’un canoé) et des petites grottes. Nous apercevons quelques groupes qui ont un guide, du coup Nico tente quelques approches pour essayer de capter ce que dit le guide… finalement, il réalise que les guides n’en savent pas plus que ce qui est expliqué au musée… Nous n’avons donc rien loupé.

Ahu Akahanga

Moi versus la tête d’un moai !

Tandis que les groupes remontent dans leurs camionettes, nous enfourchons nos vélos pour poursuivre notre route. Nous longeons toujours le littoral escarpé, et passons devant plusieurs Ahu en ruines, toujours avec des Moai renversés. Nous finissons par arriver tout au bout de l’île, où se trouve un des Ahu les plus importants de l’île : Ahu Tongariki. Cet Ahu a été restauré dans les années 1990 et comporte 15 Moai, ce qui en fait le plus grand Ahu jamais érigé ! C’est vraiment impressionnant de voir ces quinze statues de pierre, qui sont toutes alignées et qui se dressent majestueusement comme pour regarder au loin… Elles sont toutes différentes, l’une d’entre elle porte la fameuse coiffe (le Pukao) et nous nous sentons tout petit face à ces géants de pierre. Nous passons un bon moment à les contempler et nous réalisons à quel leur réalisation a due demander un travail surhumain…

Ahu Tongariki…

… et ses 15 Moai vraiment majestueux !

Ils ont l’air bien sérieux avec leur ventre bedonnant !

Cherchez l’intrus…

(rassurez-vous, je ne suis pas monté sur l’Ahu, considéré comme sacré pour les pascuans 😉 !)

Nous poursuivons avec la carrière du Rano Raraku, surnommé « la nurserie » des Moais. En effet, c’est à cet endroit que les statues voyaient le jour… Les Moai étaient sculptés dans la paroi rocheuse et en était extrait une fois le travail achevé. Ensuite, le Moai était glissé sur les flancs de la colline puis redressé avant d’être déplacé vers son Ahu (par un moyen de transport inconnu, sachant que ces statues pesaient plusieurs tonnes !). La légende raconte que les Moai pouvaient marcher… Les finitions (yeux, coiffes,…) étaient réalisés après que la statue ait été acheminée sur son Ahu.

Rano Ranaku, la « nurserie » des Moai…

De nombreuses têtes de Moai, dont le corps est enfoui sous terre, trônent au milieu de nulle part en fixant l’horizon… On dirait qu’ils ont été pétrifiés sur place, et qu’ils attendent désespéremment que quelqu’un veuille bien les extirper du sol… c’est impressionnant ! Nous découvrons de nombreuses statues a différents stades de fabrication, ce qui permet de retracer le procédé de fabrication quasiement du début à la fin. Ainsi, certaines statues sont encore serties dans la roche et on distingue seulement la forme du visage et du corps, tandis que d’autres sont prêtes à être déplacé sur leur Ahu.

On distingue un Moai encore encastré dans la roche

Cette visite nous a vraiment intéressé et nous avons maintenant conscience du travail surhumain qu’à représenté la réalisation de ces statues… Nous grimpons jusqu’au lac de cratère, puis jusqu’à la crête du cratère, d’où nous avons une vue panoramique sur l’île et sur le littoral. Nous apercevons même les 15 Moai de tout à l’heure qui paraissent tout petit vu d’ici !

Lac de cratère du Rano Ranaku

Vue depuis l’arête du volcan !

Les 15 Moai de Tongariki paraissent bien petit vus d’ici

Moai avec de biens grandes oreilles !

De retour au parking, nous enfourchons nos vélos et nous aprêtons à parcourir les 15km en sens inverse… sauf qu’un paramètre non négligeable vient se rajouter : il y a du vent ! Et à contre-sens… Le retour s’annonce long ! Mais la chance est de notre coté et à peine 2km après que nous soyions partis, un pick-up s’arrête le long de la route et nous propose de nous ramener à Hanga Roa. Ni une, ni deux, nous chargeons les vélos et grimpons à l’arrière. Nous voilà partis cheveux dans le vent ! Un peu plus loin sur la route, changement de chauffeur, et le 1er chauffeur nous explique qu’il a trop bu et qu’il ne voudrait pas se faire arrêter par la police… ma foi, fais ta vie mon gars !

Retout en pick-up… fastoche !

6ème jour : Anakena et la côte nord de l’île (toujours en vélo !)

De nouveau, le vent a soufflé fort cette nuit… je me disais en demi-sommeil qu’une nouvelle journée de vélo serait impossible avec cette météo. J’essayais de m’imaginer toutes les solutions de repli possible pour qu’on puisse quand même terminer notre visite de l’île, surtout qu’il nous reste encore de très beaux sites à voir ! Et puis finalement au petit matin, ça semble s’arranger et le soleil refait son apparition… coool ! Tout est bien qui finit bien, nous pouvons quand même profiter du vélo, ça ne servait à rien de se mettre martelle en tête ! Nous voilà donc partis en direction de la côte nord de l’île, où se trouve la jolie plage d’Anakena. De nouveau, 15km de pédalage nous attendent, sauf que cette fois-ci, ça monte et ça descend tout le long, de quoi faire travailler nos gambettes ! Tout à la fin, nous avons droit à une graaaaaande descente… et je m’imagine déjà la galère que ce sera au retour pour remonter tout ça !!

Ciel bien menaçant…

Nous découvrons la jolie palmeraie d’Anakena, qui abrite une plage de sable blanc (complètement déserte), et un site comprenant quelques Moai, coiffés de leur Pukao.

La plage d’Anakena… déserte à cette époque !

Moai avec leurs coiffes

Nous repartons ensuite le long de la côte nord, sur un chemin tout boueux, c’est plein de gadoue partout ! L’objectif est d’aller à « Papa Vaka », un site comprenant des pétroglyphes représentant diverses espèces de poissons, requins, tortues et hameçons. Après cela, nous repartons à Anakena pour la pause pic-nic, et arrivons juste à temps avant qu’une averse monumentale ne se mette à tomber… on l’a échappé belle ! Nous nous mettons à l’abri sous une petite gargotte et en profitons pour avaler notre casse-croute. Une fois de plus, l’averse ne dure que 5 min, suivi d’un grand soleil… Nous remettons le cap vers Hanga Roa dans l’après-midi. Cette fois-ci, pas de pick-up pour nous éviter les 15km de vélo, c’est à l’aide de nos biscottos que nous devrons rentrer. Mais finalement, le trajet s’avère plutôt plaisant, on en profite pour admirer le paysage. De retour à Hanga Roa et après avoir rendu nos vélos, nous partons voir le coucher du soleil sur Ahu Tahai, les couleurs sont superbes et le moment vraiment magique !

Un des plus beaux coucher de soleil que nous ayions vu…

7ème jour : faux départ pour Lima !

Pour notre dernière journée sur l’île, nous décidons de la jouer tranquiloutte ! Déjà, nous avons fait tout ce qu’il y a à faire sur cette île, faut dire qu’en une semaine, ça suffisait amplement ! Du coup, on se contente de faire un petit tour le long de la plage, puis dans l’après-midi, Nora vient nous récupérer pour nous conduire à l’aéroport.

Un dernier petit moai pour les souvenirs…

Et dernière petite balade sur la plage… tout du moins, c’est ce que nous croyions !

Nous enregistrons nos bagages, passons la douane et la sécurité, jusque là, rien de bien extraordinaire. Nous attendons patiemment dans la salle d’embarquement, l’heure tourne, l’avion est là, mais l’embarquement ne commence toujours pas… un peu plus tard, une annonce au micro est faite : le vol est retardé de 40 min en raison d’un problème technique sur l’appareil. Espérons que ce ne soit pas trop méchant… Puis un peu plus tard, une seconde annonce : le vol est annulé ! Aïe Aïe Aïe !! Du coup, tout le monde se précipite sur les hôtesses pour avoir des informations. Nous tentons de nous faufiler pour entendre quelque chose et nous en profitons pour sympathiser avec d’autres français. Finalement, nous apprenons que nous serons relogés dans des hôtels avant d’attendre un prochain départ… qui pour l’instant n’est pas programmé ! La compagnie doit nous tenir informés demain matin. Pourvu que ça ne soit pas trop long… Je commence à m’imaginer le scénario catastrophe où on serait coincés sur l’île pour plusieurs jours. Bon heureusement, c’est LAN qui prend tout en charge : le logement dans un super hotel et le resto ! Une nuit aux frais de la princesse, autant dire qu’on a pas trop à se plaindre ! On croise simplement les doigts pour que le vol puisse partir dès demain car ça nous ferait pas trop rigoler de rester coincé ici pendant des jours…

Le soir, nous mangeons au resto avec deux autres chiliens qui sont dans le même cas que nous. Eux sont sur l’île de Pâques pour le travail et devaient rentrer ce soir à Santiago. Nous en profitons pour papoter un peu en Espagnol et il se trouve qu’ils travaillent dans le même secteur d’activité que Nico. Ils sont vraiment très sympas. Décidemment, nous garderons de bons souvenirs de la bonne humeur et de l’accueil des Chiliens. C’est le seul resto que nous aurons fait sur l’île de Pâques, entièrement payé par LAN (autant dire qu’on ne s’est pas privé pour un verre de vin !), ça nous va plus que biiiien !

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