Jours 274 à 276 : Huaraz & la Cordillera Blanca, entre villages andins et sommets enneigés

Du 3 au 5 juin 2012

Après quelques jours de silence (nos journées sont bien remplies !), voici la suite de nos aventures au Pérou !

Après ces deux jours dans la capitale qui nous ont permis de nous mettre à l’heure péruvienne (pas de problème dans les montres cette fois-ci ^^), nous prenons un bus de bon matin qui doit nous conduire plus loin… dans les montagnes ! Les choses sérieuses commencent et 8h de trajet nous attendent durant lesquelles le paysage change à toute vitesse : nous sortons progressivement de la ville en traversant des quartiers qui ont l’air vraiment pauvres et qui ressemblent un peu à des bidonvilles, puis nous longeons la mer sous un ciel toujours aussi gris-tristounet puis nous commençons à grimper peu à peu dans les montagnes. Très vite, le charme opère, le paysage devient de plus en plus splendide, la route serpente à travers les montagnes, le ciel est redevenu bleu et nous restons le nez collé à la fenêtre ! Nous arrivons à Huaraz dans l’après-midi, et nous sommes passés directement de 0m (niveau de la mer) à plus de 3000m d’altitude ! Du coup, notre petit organisme galère un peu, nous nous essouflons vite, mais d’ici quelques jours, ça devrait aller mieux, juste le temps pour nous acclimater. Nous faisons connaissance avec Emilio, chez qui nous logerons durant notre séjour à Huaraz, un vrai père de famille poules. Il s’occupe bien de nous et nous donne plein de conseils sur les balades/randos/trek à faire dans le coin, ce qui nous rend bien service puisque justement, nous allons profiter de notre séjour dans ce cadre magnifique pour partir crapahuter dans la montagne !

Vue sur les toits de Huaraz

Après une première nuit de sommeil agitée (toujours l’altitude qui nous joue des tours…), notre premier geste au réveil (après nous être habillé tout ça tout ça) consiste à grimper sur le toit pour apprécier la vue sur les toits de la ville et sur les montagnes au loin. Le ciel est bleu à perte de vue et le cadre est absolument splendide. Depuis le toit, nous percevons toute l’agitation de la ville et ça nous rappelle un peu l’Inde avec toutes ces maisons en briques rouges qui ont un toit terrasse…

Le Huascaran, la plus haute montagne du Pérou (6768m) !

Nous partons ensuite pour une ballade dans les environs de Huaraz. Rien de bien méchant, juste une petite marche pour nous acclimater un peu et découvrir les alentours. Sur les conseils d’Emilio, nous marchons en direction de petites ruines, qui se trouvent un peu plus haut dans la colline. Les ruines en elles-mêmes n’ont absolument rien d’extraordinaire mais l’avantage de la promenade, c’est que nous traversons tout un tas de petits villages andins complètement traditionnels. Pas un seul touriste à l’horizon, alors forcément, nous sommes ravis ! Nous croisons tout un tas de petites dames des Andes, habillées de manière traditionnelle, avec de grands juperons brodés et colorés, de longues tresses dans le dos qui leur tombent jusqu’aux fesses, sans oublier leur beau chapeau et leur petit baluchon dans le dos dans lequel elles transportent un peu tout et n’importe quoi (du bébé jusqu’au fagot de bois)… un véritable concentré de vie rurale et de couleurs !

Traversée de petits villages andins typiques…

Dame en tenue traditionnelle

Comme nous galérons un peu à trouver notre chemin à travers tous ces petits villages, nous demandons de l’aide à une petite dame. Elle a l’air très contente de pouvoir nous aider et comme elle va dans la même direction que nous, elle nous propose que nous marchions ensemble. Nous voilà donc partis avec cette petite dame à travers la pampa, car bien entendu, elle nous fait passer par les raccourcis. Nous en profitons pour échanger quelques mots d’espagnol avec elle (sachant que dans les villages andins, la langue officielle n’est pas l’espagnol mais le Quechua… oui, oui, comme la marque Décathlon !), elle est très rigolote ! Nous finissons par arriver proche de notre destination, et la route s’arrête ici pour elle, nous lui suggérons de la prendre en photo mais elle refuse, les gens ici n’aiment pas trop être photographié.

Jolie place d’un village

Le Pérou authentique…

De retour à Huaraz, nous nous occupons d’organiser notre trek. En effet, nous aimerions faire un trek de 4 jours dans la Cordillera Blanca, mais sans passer par une agence. On aime bien se débrouiller par nous-mêmes et puis l’idée de marcher avec un groupe ne nous plait pas trop. Nous passons à la maison des guides qui nous confirment que le trek est tout à fait faisable en indépendant (ce qui nous rassure), puis nous nous renseignons sur le prix des locations de matériel (tente, matelas de sol, réchaud,…). Mais en attendant de partir pour le trek, nous irons faire une randonnée d’acclimation pour nous habituer à l’altitude. Nous nous balladons en ville aux alentours de la Plaza de Armas (oui, toutes les villes d’Amérique du Sud ont une place principale qui s’appelle comme ça, pas possible de se tromper !) et nous dinons dans un petit resto avant de rentrer nous coucher.

Le lendemain, le réveil nous tire du lit à 5h du mat’… ça pique ! Mais pourquoi se lever si tôt me direz-vous ? Ce à quoi je vous réponds, « ben pour aller marcher pardi « ! Certes, je faisais moins ma maligne quand il a fallu sortir du lit pour enfiler les chaussures de marche. Nous voilà donc partis dans les rues au petit matin pour rejoindre l’arrêt des « combis » (petits bus locaux pas chers et qui permettent d’aller partout). Notre destination s’appelle Yungay, point à partir duquel il faudra qu’on prenne un autre combi pour nous emmener dans la montange. En soi, la distance à parcourir n’est pas très longue, mais si on tient compte des routes en mauvais état et des multiples arrêts du combis qui charge/décharge des gens, et bien il nous faut bien 2h30 pour arriver à destination ! Heureusement, le paysage est toujours aussi beau, du coup on ne voit pas le temps passer. Et puis nous voyageons avec les locaux et ça nous plait bien.

Le bus nous débarque au début du sentier, à presque 3800m d’altitude. Nous faisons connaissance avec deux allemandes, Cristina & Brigitta, qui entament la rando en même temps que nous. Au final, nous passerons une bonne partie de la journée avec elle. Le but de la rando est de grimper jusqu’à un petit lac de montagne, ou plutôt une lagune, situé au pieds de hauts glaciers. Pour cela, environ 400m de dénivelé positif nous attendent, ce qui n’est pas trop violent et est un très bon exercice d’acclimatation. Dès le début de la rando, nous apercevons quelques hautes sommets enneigés autour de nous. Parmi eux, le Chopicalqui (6350m) et le Huascaran Sur (6746m)… vraiment beau !

A droite, le Huascaran Sur & à gauche le Chopicalqui

Le Huascaran Sur (6746m)

Le Chopicalqui (6350m)

Petites fleurs des montagnes

Le sentier grimpe doucement mais dès le début, je me sens très essouflée et fatiguée… difficile à dire si cela est dû à l’altitude ou aux mauvaises nuits de sommeil, surement un mix des deux. Du coup, je monte tout doucement, tout en soufflant comme un boeuf, et je m’arrête tous les 100m pour boire un coup, c’est pathétique ! Heureusement que le paysage autour de nous est beau, ça me motive à avancer… je croise simplement les doigts très fort pour que ce ne soit pas un signe avant-gardiste du mal des montagnes, qui peut frapper à tout moment.

Cascade au milieu des fleurs

Après 3h30 de grimpée éprouvante et difficile (surtout pour moi car Nico est en pleine forme comme à son habitude), grimpée durant laquelle je n’en voyait plus le bout (d’ailleurs, les deux allemandes non plus car nous les avons semés en chemin), nous finissons par apercevoir un petit morceau de lagune bleue… nous sommes proches du but ! Me voilà regonflée à bloc pour arriver au bout, j’oublie tous les efforts, toute la souffrance et la sueur (oui, quand je dis ça, on croirait que j’ai fait l’ascension de l’Everest, et pourtant non, c’était juste une petite balade de rien du tout pendant laquelle j’en ai sacrément CH…#@§ !) et je me contente de mettre un pied devant l’autre. Evidemment, qui dit arriver au but, dit casse-croute, alors nous trouvons un petit coin près de la lagune pour nous asseoir et manger. Le vue sur cette lagune d’une couleur bleue-émeraude extraordinaire, entourée de tous ces hauts glaciers qui culminent à plus de 5000m nous laisse bouche bée…

La laguna 69

Les eaux bleu émeraude de la laguna

Ensuite, nous attaquons la redescente bien entendu, qui aurait pu être un peu plus sympa que la montée… si je ne m’était pas payé un énorme mal de tête ! Décidemment, y’a des jours comme ça où la forme n’est pas au rdv. Cette fois-ci, je me rend à l’évidence, ce n’est pas le mal des montagnes, mais une petite insolation. Je ne me suis pas méfiée du soleil (qui cogne sacrément fort à cette altitude) et je me suis pris un bon coup de soleil sur le crâne…. Résultat des courses : j’ai juste l’impression qu’il y a un orchestre symphonique qui joue dans ma tête !

Il parait qu’on a tous un sosie sur terre ^^ …

Redescente en mode survie (pour moi…)

Drôle d’arbre dont l’écorce ressemble à de la pâte feuilletée

Avec Cristina & Brigitta

Nous grimpons dans un bus qui par chance, nous ramène directement à Huaraz. Pas besoin de changer à Yungay, c’est déjà ça ! A peine installée dans le bus, je m’endors directement et je roupille durant tout le trajet. Pendant ce temps, Nico se régale du paysage et de la vue sur les montagnes qui nous entourent. Arrivés à Huaraz, mon mal de tête est presque passé mais je commence un peu à me décourager pour le trek de 4 jours que nous devons démarrer dès demain normalement. Je ne suis plus sure d’en avoir le courage… Finalement, une bonne petite sieste dans un lit et une bonne douche plus tard, le moral est revenu et la motivation aussi ! Du coup, ni 1 ni 2, nous repartons en ville pour récupérer notre matériel de camping et faire les courses pour ces 4 jours : jambon, soupe de pâtes, pain, fromage, saucisson, biscuits, sachets de thé,… tout ce qu’il faut pour remplir notre estomac ! Nous mangeons un morceau rapidement dans un boui-boui avant de retourner à l’hotel pour préparer nos sacs. Finalement, l’heure tourne et il est presque 11h lorsque nous filons au lit… pfiouuuu quelle organisation ce trek !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *