Jours 288 & 289 : Cusco et la vallée sacrée (1/2), retrouvailles entre amis routards !

17 et 18 juin 2012

Après une nuit courte et mouvementée dans le bus, nous arrivons de bon matin à Cusco ! Notre guesthouse étant déjà réservée, nous sommes accueillis par un des responsables de l’hôtel qui est venu nous chercher à la gare routière. Nous avons même droit à une petite pancarte avec notre nom… chose qui ne nous était encore jamais arrivée. Nous partons donc tous ensemble pour rejoindre le quartier de San Blas, là où est situé notre hotel. San Blas est considéré comme étant le « quartier bohême » de Cusco, il est situé sur les hauteurs de la ville et offre de magnifiques points de vue sur celle-ci. Revers de la médaille : dès notre descente du taxi, une longue série de marche d’escaliers nous attend pour grimper jusqu’à la porte d’entrée de l’hôtel. Nous ne le savons pas encore, mais les marches d’escaliers (en pierre de préférence) seront le fil rouge de notre séjour dans la Vallée Sacrée. Mais ceci est une autre histoire… Bref, tout ça pour dire que les marches d’escaliers, combinées au poids des sacs et à la fatigue… nous ne sommes pas fâchés lorsque nous passons la porte de l’hotel ! Heureusement, à peine avons nous déposé nos sacs qu’un super petit déjeuner nous attend, à bas de pancake et de tartines beurre-confiture, le tout en admirant la belle vue sur Cusco… ça y est, nous voilà requinqués !

Vue sur Cusco depuis les hauteurs de San Blas

Petite ruelle de San Blas

Nous en profitons pour organiser notre programme pour les prochains jours. Deux options s’offrent à nous : la première consiste à effectuer un trek de plusieurs jours pour rejoindre le Macchu Picchu. La seconde consiste à rejoindre Macchu Picchu en train, et à consacrer les autres jours à la visite des différents sites de la Vallée Sacrée. Compte tenu que nous avons déjà effectué un trek magnifique à Huaraz dans la Cordillera Blanca, nous choisissons la deuxième option, qui nous permettra aussi de passer plus de temps avec nos amis Julie & Yann. Notre première mission consiste donc à aller acheter tous nos tickets pour pouvoir accéder aux différents sites… et nous ne le savons pas encore, mais la Vallée Sacrée et le Macchu Picchu consistuent probablement une des plus grosses arnaques touristiques de la planète ! C’est peut-être un peu brutal de dire ça comme ça de but en blanc, mais c’est malheureusement la dure réalité. Cette région du Pérou est extrêmement touristique, et de ce fait, les prix ont flambés et sont complètement déconnant par rapport au reste du pays. Je m’explique : pour le Macchu Picchu, la seule solution pour y aller (en dehors du trek) consiste à prendre un train jusqu’à Aguas Calientes (ville située au pied du Macchu). Une seule compagnie assure la liaison en train : Peru Rail et cette compagnie profite de son monopole pour pratiquer des prix complètement hallucinant. Nous nous en sortons pour 210 dollars pour deux ! Même en France, le train est moins cher ! Nous restons perplexes devant la vendeuse de billets de train qui malheureusement, ne peut pas faire grand chose pour nous (pas de négociation possible avec Peru Rail, c’est pas trop l’humeur de la maison !). Et ça ne s’arrête pas là : il nous faut maintenant acheter le billet d’entrée pour le Macchu Picchu, le précieux sésame pour accéder à ce site mondialement connu. Là encore, nous sommes surpris par le prix : 140 soles pour voir le Macchu Picchu, ça fait cher les ruines ! Mais nous résonnons comme des millions de touristes qui viennent comme nous à Cusco : « ouais mais c’est quand même le Macchu Picchu, on peut pas louper ça… » et grâce à ce résonnement idiot, nous faisons comme des millions de touristes : nous payons. Dernière mauvaise surprise : tous les sites de la Vallée Sacrée sont inclus dans un « boleto touristico » payant et exaspérant. Il faut encore payer 130 soles pour pouvoir visiter la vallée sacrée… Sur le principe, le fait de payer pour visiter un site nous semble complètement normal, mais là les prix nous paraissent exagérés par rapport au coup de la vie au Pérou, et on a juste l’impression de passer pour des vaches à lait bonnes à distribuer leur argent par les fenêtres… Nous aurons dépensé plus d’argent à Cusco que n’importe où ailleurs au Pérou !

Après nous être délestés de plusieurs centaines de pesos, nous mettons le cap sur le village de Pisac, situé à une trentaine de km de Cusco. Ce village est célèbre pour deux choses : son marché d’artisanat dominical et sa forteresse inca. Nous commençons par faire un tour dans le marché, et nous qui sommes des fans des marchés en Amérique du Sud, nous sommes un peu déçus par celui-ci. Il y a une multitude de stands qui proposent toutes sortes de babioles et d’objets d’artisanat attrapes-poussière et de piètre qualité… Ce marché est principalement destiné aux touristes et d’ailleurs, il est blindé de touristes, on entend parler français à tous les coins de rue. Heureusement, au hasard des stands, nos pas nous conduisent jusqu’à la partie consacrée aux fruits et légumes, beaucoup plus animée et authentique, on retrouve un peu l’ambiance des marchés comme on les aime.

Stands d’artisanat sur le marché de Pisac

La partie consacrée aux fruits et légumes… les marchés comme on les aime !

Notre cuisinière sur un étal du marché…

L’après-midi, nous attrapons un taxi qui nous conduit jusqu’à la forteresse inca, perchée au sommet d’une colline qui domine le village. Nous commençons par découvrir les cultures en terrasses incas à flanc de montagne. Ca nous rappelle un peu les rizières en Asie. Nous passons un bon moment à déambuler à travers les ruines de cette ancienne citadelle inca, et nous sommes impressionnés par la finesse du travail des incas : les pierres sont taillées et assemblées les unes aux autres d’une façon tellement minutieuse qu’il serait impossible de passer une lame de couteau (ni même une aiguille !) entre elles. Les portes d’entrée de formes trapézoïdales sont typiques de l’architecture inca. Qui plus est, nous sommes quasiment seuls à visiter les ruines et nous avons les lieux pour nous tout seuls, plutôt agréable !

Jolies terrasses incas, qui nous rappellent un peu les rizières…

Une fois la visite terminée, nous redescendons à pieds jusqu’à Pisac en zig-zaguant à travers les cultures en terrasses incas puis nous attrapons un minibus pour rentrer à Cusco. Le minibus est archi-blindé et nous voyageons debout dans l’allée centrale de début à la fin… youhouuu !

Le lendemain, nous attrapons un « collectivos » (minibus local) et mettons le cap sur Moray. Ces terrasses de forme circulaire sont étagées sur un profond amphithéâtre. Les incas les auraient utilisées comme laboratoire afin de déterminer les conditions optimales pour chaque culture. Il est possible de descendre jusqu’au fond des terrasses grâce à des petits escaliers de pierre aménagées le long des terrasses.

L’art de s’entasser dans un taxi !

Les terrasses de Moray

Petites marches de pierre pour descendre tout en bas des terrasses

^^ !

Nous redescendons en taxi jusqu’au petit village de Maras, puis poursuivons à pied pour rejoindre le deuxième site de la journée : les salinas. La ballade pour rejoindre les salinas est vraiment magnifique, et nous sommes tous les quatre comblés par le paysage qui nous entoure.

Nous ne tardons pas à apercevoir la multitude de petits carrés blancs qui forment les salinas, au coeur d’un paysage surréaliste. Ces milliers de puits salants servent depuis l’époque inca à l’extraction du sel. Tous ces puits sont de couleur différente, en fonction de l’état de l’évaporation de l’eau, allant du blanc éclatant et en passant par toutes les teintes de beige et de marron.

Nous rejoignons à pied la route principale afin de trouver un collectivo pour rejoindre Ollantaytambo, point de départ de notre train pour Aguas Calientes. Nous galérons un peu à trouver un transport, car la plupart des collectivos sont déjà pleins… Par ailleurs, le stop n’est pas très courant au Pérou et les voitures ne s’arrêtent pas malgré nos tentatives. Finalement, nous finissons par nous entasser dans un collectivo qui s’est arrêté sur le bord de la route pour nous ramasser. Nous voyageons donc de la manière qui nous plait le plus : avec les locaux !

Sur le chemin pour Ollantaytambo

Nous profitons de la fin de journée à Ollantaytambo pour visiter les ruines. Malheureusement, le soleil est déjà bien bas et les ruines sont toutes à l’ombre, du coup les lieux ne nous paraissent pas extraordinaires. Nous mangeons un morceau dans un boui-boui à l’écart de la place principale, puis nous rejoignons la gare ferroviaire. Ce soir, nous partons pour Aguas Calientes, point de départ de notre visite au Macchu Picchu !

Train pour Aguas Calientes… probablement la ligne la plus chère (et le plus touristique) du monde !

Il fait nuit noire lorsque nous arrivons à Aguas Calientes, et ce soir, nous logeons tous les quatre dans un hotel froid et tristounet tenu par un personnel peu aimable ni souriant… heureusement, nous n’y passerons qu’une (courte) nuit avant de rejoindre le fameux Macchu Picchu !

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