Jours 317 à 320 : Salar d’Uyuni et le sud Lipez… des paysages de toute beauté !

Du 17 au 20 juillet 2012

Après une journée de route, nous rejoignions la petite ville d’Uyuni, perdue en plein désert ! Déjà sur la route, nous restons le nez collé aux vitres du bus pour admirer le paysage tellement wahou c’est beau, on en prend plein la vue… ça promet de belles choses pour les jours à venir ! Arrivés à Uyuni en fin d’après-midi, nous installons nos affaires dans une auberge avant de ressortir pour réserver notre tour dans une agence. Il y a une multitude d’agences à Uyuni, qui propose toute la même chose, difficile de choisir ! Heureusement, nos potes lyonnais Julie & Yannick qui sont passés par là juste avant nous, nous ont recommandé une agence, ce qui nous facilite grandement les choses. Nous ne nous cassons pas la tête et réservons direct pour le lendemain. Nous faisons ensuite un tour dans les rues d’Uyuni, cette ville n’a vraiment rien d’exceptionnel et il fait un froid de canard ! Ca nous donne un petit avant-goût de la température pour les prochains jours… glaglagla, il va faire froid !

1er jour : le salar d’Uyuni ou la vie en bleu et blanc !

Après avoir bataillé et arpenter les rues de la ville en long et en large pour retirer de l’argent (tous les distributeurs étaient à sec), nous nous rendons à notre point de rdv : à 10h30 devant l’agence ! Le 4×4 passe nous récupérer et nous faisons connaissance avec les quatre autres personnes qui feront le tour avec nous : un couple de français (Mickaël et Priscillia qui voyagent pour deux mois au Pérou et en Bolivie) et un couple d’irlandais (Mikael et Laura qui voyagent pour un an et qui seront de retour en septembre… comme nous !), nous avons tous à peu près le même âge et les premières impressions sont très bonnes, c’est cool !

Notre petit groupe

Première destination de ce trip de 3 jours en 4×4 : un cimetière de vieux trains ! Le site comporte tout plein de carcasses de locomotives à vapeur rouillées qui servaient autrefois au transport des minerais. Ces locomotives datent des années 1950/1960 et sont laissées à l’abandon dans le désert qui entoure Uyuni. C’est un peu comme un immense train fantôme qui pourrait se remettre en marche par un soir de pleine lune… gniark gniark gniark ! On se croirait sur un terrain de jeux immense, et comme tout le monde, nous nous amusons comme des gamins à grimper dans les locomotives rouillées, à escalader les wagons, à passer de wagons en wagons, bref, on s’amuse comme des fous… tchouuuu tchouuuuuu !

« Se necessita un mecanico con experiencia »… avis aux amateurs !

Ce premier stop nous met en jambes, nous reprenons la route, et taversons un village fantôme où les rues poussiéreuses et ventées nous rappellent les meilleurs westerns spaghettis ! Nous commençons à nous enfoncer peu à peu dans l’immensité du désert. Le 4×4 file à toute allure et petit à petit, la terre sableuse est ponctuée de tâches blanches… jusqu’à n’être qu’une immensité d’un blanc immaculée, nous y sommes, c’est le désert de sel ! Il faut quand même préciser que le Salar d’Uyuni faisait partie de ces endroits emblématiques (au même titre que le Macchu Picchu ou la grande muraille de Chine par exemple) qui nous faisait rêver. Lors de la préparation de notre voyage, on s’était émerveillé devant de multiples photos en se disant « whaaaa on veut y aller nous aussi ! » et bien voilà… c’est chose faite, nous y sommes ! C’est donc avec un brin d’excitation mêlée à une profonde admiration à notre chère dame nature qui a encore fait merveilleusement les choses, que nous découvrons les étendues de sel d’une blancheur aveuglante qui se profilent à l’infini.

Le Salar d’Uyuni est situé à 3650m d’altitude et occupe une surface de 12500 km², faisant de lui la plus vaste étendue de sel au monde. Sa formation remonte à 10 000 ans et résulte d’un lac préhistorique géant qui en s’asséchant, a laissé derrière lui cette réserve de sel. Le salar d’Uyuni est actuellement un centre d’extraction et de traitement du sel, la production annuelle est estimée à 25 000 tonnes (principalement pour la consommation humaine et le bétail) pour une réserve totale de 64 milliards de tonnes de sel (autant dire que les réserves de sel sont loin d’être épuisées) ! On estime que la couche de sel varie de 2 à 120m de profondeur, selon les endroits. Le salar d’Uyuni est également une réserve importante de Lithium, qui sert notamment dans la composition des batteries électriques, et il est au coeur des attentions de plusieurs multinationales qui commencent à s’intéresser sérieusement à ce potentiel inexploité.

Petite parenthèse culturelle refermée, le 4×4 s’arrête quelque part au milieu de cette étendue pour que nous puissions prendre quelques photos souvenirs… les fameuses photos rigolotes, où on joue avec les effets de perpective. Dès qu’on s’éloigne un peu… hop, on semble tout riquiqui ! Il y a juste nous, le ciel bleu et la surface blanche desséchée du salar.

La surface desséchée du salar, ponctuée de formes hexagonales

Il faut faire preuve d’un peu d’imagination pour trouver des idées sympas, on vous en propose un petit échantillon…

Nous mettons ensuite le cap sur l’Isla Incahuasi (l’île du pêcheur), un petit morceau de terre recouvert de cactus géants (dont certains ont 1200 ans !) qui émerge de l’océan blanc du salar. Nous découvrons une nuée de 4×4 qui s’arrêtent au même endroit pour faire leur pause déjeuner… ça fait un peu ghetto touristique. Malgré tout, l’endroit est tellement magnifique que nous faisons abstraction de la foule et profitons de ce paysage hors du commun : une île recouverte de cactus géants, au beau milieu d’un désert de sel… wahouuu !

Isla Incahuasi

Les cactus géants


Deux bonnes heures de route nous attendent ensuite pour rejoindre notre hôtel. Nous admirons notre chauffeur-guide (dont nous ne connaissons toujours pas le nom, car il ne nous a quasiment pas décroché un mot depuis le début de la journée) qui parvient à s’orienter à la perfection dans cette immensité blanche, en l’absence de route. Le salar est un immense terrain de jeux pour les 4×4 qui se créent leur propre chemin, sans suivre aucune piste ! Nous quittons petit à petit le désert de sel et retrouvons une piste de terre… Nous avons été impressionné par ce paysage unique, le Salar d’Uyuni aura tenu toutes ses promesses.

Le soleil est déjà couché lorsque nous arrivons à notre hôtel, et pas n’importe quel hôtel, puisqu’il est entièrement construit en sel ! Les murs sont en briques de sel, le sol est recouvert de grains de sel, et même les lits, les tables, les tabourets,… tout est en sel ! Même l’air ambiant a un goût de sel, c’est trop bizarre. Nous passons la fin de la journée autour d’une table avec nos accolytes de 4×4, on papote tous les 6 tout en enchainant les parties de cartes et le contact passe super bien entre nous. Mickaël et Priscillia nous offre un « tite goutte » (une liqueur de mirabelle, fabriquée maison et ramenée de France), ça nous réchauffre un peu car la température ne doit pas être bien élevée et nous sommes tous emmitouflés dans nos vestes. On appréhende le moment où il fa falloir enlever nos épaisseurs pour se glisser dans le lit froid… et dire que demain, ce sera pire ! Vive l’hiver en Bolivie !

Soirée à l’hôtel de sel

Notre chambre en sel ^^!

2ème jour : route vers la Laguna Colorada !

Finalement, la nuit n’a pas été si froide que ça, et on peut même dire que nous avons plutôt bien dormi dans nos lits de sel ! Nous avalons notre petit dej’, bouclons nos sacs, chargeons le tout dans le 4×4 et nous revoilà partis pour une nouvelle journée dans la pampa. De vastes étendues désertiques nous attendent, ponctuées de montagnes et de volcans. Nous nous arrêtons au pied de l’un d’eux, le volcan Ollagüe (5865m), toujours actif et coiffé de neige, situé juste au niveau de la fontière avec le Chili. Nous nous dégourdissons un peu les jambes et gambadons entre des formations rocheuses aux couleurs chaudes.

Chargement du 4×4

Le volcan Ollagüe (5865m)

Le 4×4 file ensuite vers des terres toujours plus désertiques et sauvages, passant par des lagunes riches en minéraux et peuplées de flamants, ajoutant une touche de couleur à ce paysage toujours aussi spectaculaire. Nous nous arrêtons de nouveau au bord d’une de ces lagunes pour contempler ces oiseaux au plumage rose pale qui batifolent dans les eaux translucides de la lagune… le tout à près de 4000m d’altitude, impressionnant !

Craquage en mode flamants roses !

Nous enchainons les kilomètres sur les pistes sableuses tout en admirant la palette de couleurs que nous offre cette région : du blanc crême au violet, en passant par le rouge ocre et les teintes de bleu-vert, tout une gamme digne d’une palette d’artiste. Un peu plus loin (nous avons complètement perdu la notion des distances !) nous nous arrêtons de nouveau au Desierto Siloli pour observer le surprenant « arbre de pierre ».

Les vigognes

Drôle d’animal, oreilles de lapin, et queue d’écureuil

Notre 4×4

Couleurs époustouflantes…

Jump collectif… mission accomplie !

Encore quelques km nous séparent de la laguna Colorada. Cette lagune, située à plus de 4200m d’altitude a une particularité : son eau est d’une couleur orangé-rouge vif ! Cette coloration provient du plancton et des algues qui prospèrent dans les eaux riches en minéraux. Cette lagune fait l’objet d’une réserve qui permet de protéger les nombreuses espèces d’animaux (vigognes, flamants,…) qui ont élu domicile dans le coin. L’air est pur, le froid est vif, mais nous tentons tout de même une petite marche le long de la lagune. Heureusement, cette vision hors du commun nous fait oublier le froid, et une fois de plus, nous sommes bluffés ! Après la blancheur immaculée du Salar, nous voilà devant un lac rempli d’eau rouge… Nous avions déjà vu une lagune du même genre lors de notre périple sur la côte ouest en Australie, mais celle-ci est beaucoup plus vaste.

Laguna colorada

Nous sentons la fin de la journée approcher au fur et à mesure que nous perdons des degrés de température. La nuit ce soir s’annonce glaciale : en hiver, la température nocturne peut descendre sous les -20°C… notre chambre n’est pas chauffée et les fenêtres sont raffistolées au skotch ! Nous dormons tous les 6 dans la même chambre et il nous faudra associer vêtements chauds, duvets et couvertures si nous ne voulons pas nous tranformer en glaçons !

La ford lan cruiser… un classique !

3ème jour : des geysers, la laguna verde, un volcan et route vers le Chili !

Ce matin, troisième et dernier jour de notre périple en 4×4, le réveil sonne à 5h45 pour un départ à 7h ! Le jour se lève à peine lorsque nous quittons les lieux et l’air est glaciale ! Heureusement, les pancakes à le dulce de leche servies au ptit dej’ nous ont remis un peu de baume au coeur. Nous mettons le cap vers le centre géothermique « sol de manana » dont le principal intérêt est un champ de geysers à 4850m d’altitude avec ses mares de boue bouillonnantes, ses fumerolles et l’odeur nauséabonde des vapeurs sulfureuses. Ca nous rappelle vraiment les sites géothermiques de la région de Rotorua en Nouvelle-Zélande que nous avons visité il y a quelques mois. C’est incroyable de s’imaginer que la terre puisse bouillonner à ce point alors que la température extérieure est négative… une vraie cocotte-minute ! Notre ami irlandais Mikael en fait une bonne et plonge le pied dans une mare de boue, il en ressort sa chaussure revouverte de boue marron, au moins, il gardera un souvenir de notre passage ici !

Petit souvenir pour mickael !

Nous mettons le cap vers la dernière destination du périple : la laguna verde ! Nous nous arrêtons en chemin dans le désert de Salvador Dali, hommage au peintre catalan, en raison des coupes de pierres surréalistes taillées par le vent : on se croirait sur une autre planète !

La laguna verde tient son nom de sa couleur bleu-vert, due à sa concentration en carbonates de plomb, souffre, arsenic et calcium. Cette couleur ressort lorsque l’eau du lac est agitée par le vent mais manque de bol pour nous, il n’y a pas un poil de vent lorsque nous arrivons. Du coup l’eau du lac n’a pas de couleur particulière… mais le cadre reste spectaculaire ! Cette lagune est perchée à 4400m d’altitude et dominée par le volcan Licancabur (5960m) qui marque la frontière avec le Chili.

La laguna verde… qui n’est pas très verte aujourd’hui !

En parlant de frontière, la prochaine étape pour nous est justement le Chili ! Comme nous sommes tout proches de la frontière, notre chauffeur nous dépose à la douane. Nous disons aurevoir à nos accolytes de 4×4 après nous être échangés nos adresses mails, c’est triste de les quitter déjà car nous formions vraiment une bonne équipe ! Eux rentrent à Uyuni tandis que nous poursuivons vers le Chili… ainsi va la vie ! Nous commençons par passer la douane bolivienne, sans trop de problème, paf un coup de tampon et hop, nous sortons du territoire… ce n’est pas sans un brin d’émotion que nous quittons ce pays, que le vaya bien Bolivia !

Quelque part dans le no man’s land

Seulement 47km nous séparent de San Pedro de Atacama, mais une fois passée la frontière, nous changeons de monde ! Bye bye le folklore bolivien, re-bonjour l’ordre chilien ! Nous perdons de l’altitude, retrouvons un peu de chaleur et laissons derrière nous les beaux paysages du sud Lipez. De nouvelles réjouïssances nous attendent : deux bonnes heures d’attente au poste frontière chilien ! Selon notre chauffeur de bus : le temps d’attente dépend des douaniers, certains ont plus envie de travailler que d’autres… et comme ils savent que nous n’avons pas le choix, nous sommes obligés de passer par la douane, et ben ils en profitent les loustiques ! Nous attendons des lustres dans une file qui n’avance pas, le temps nous semble interminable, surtout que nous n’avons plus nos copains pour papoter. A force de patience, nous finissons par arriver devant le poste du douanier, il fait le fier avec son uniforme mais ne décroche par un bonjour ni un sourire. On aimerait beaucoup lui faire une remarque… mais après réflexion, on préfère avoir le tampon !

Après avoir fait controlé nos bagages, nous sommes maintenant libres de circuler au Chili ! Nous faisons un petit tour dans le village qui semble très mignon bien qu’un peu trop touristique à notre goût, et trouvons une jolie petite chambre dans une guesthouse. La vie ici est chère mais il va falloir nous y faire : nous sommes à San Pedro de Atacama !

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