Salvador de Bahia : au rythme de la culture et des sons afro-brésiliens…

Du 17 au 19 août 2012

Un peu d’histoire…

C’est à Salvador que l’histoire du Brésil a commencé au 16ème siècle lors de l’arrivée des premiers colons portugais. La ville devint alors la première capitale du pays et pendant deux siècles, elle s’enrichit grâce à la culture de la canne à sucre. Un important trafic d’esclaves fournit la main d’œuvre aux champs de canne. Ainsi, les premiers esclaves africains furent déportés à Salvador en 1538. Par la suite, leur nombre augmenta jusqu’à atteindre la moitié de la population de la ville ! Salvador fut la capitale du Brésil jusqu’en 1763, date à laquelle elle perdit son statut au profit de Rio. Aujourd’hui, Salvador est la troisième ville du Brésil et elle est peuplée en grande majorité par les descendants des esclaves africains, ce qui lui vaut son surnom de « joyau afro-brésilien » du pays car elle doit son caractère et sa personnalité au mélange de la culture africaine et des traditions portugaises. Cet héritage culturel est visible à travers la musique, la religion, la cuisine ou encore la danse, ou tout simplement par l’habit traditionnel encore porté par les femmes Bahianaises.

 

Découverte de Salvador : Pelourinho – ville haute – Igreja do Bonfim

Une bonne nuit de sommeil nous a fait le plus grand bien et ce matin, nous nous sentons frais comme des gardons ! Les mésaventures d’hier au soir sont oubliées et nous sommes maintenant impatients de découvrir cette ville mythique et légendaire qu’est Salvador de Bahia (rien que ce nom nous faisait rêver…). Ce matin, nous nous attaquons donc à la visite du « Pelourinho », le centre historique de Salvador et cœur de la ville haute, un véritable musée à ciel ouvert qui compte de nombreuses églises de style baroque et d’édifices datant de l’époque coloniale. Le « Pelourinho » était en fait le nom donné au poteau auquel étaient attachés les esclaves condamnés au fouet. Ce poteau était situé sur une place escarpée sur laquelle les esclaves était vendus aux enchères… l’histoire de cette ville est vraiment fascinante et nous plonge directement plusieurs siècles en arrière.

Le Pelourinho, centre historique de Salvador

Aujourd’hui, le centre historique de Salvador est classé au patrimoine de l’Unesco, ce qui fait que la plupart des façades des bâtiments ont été rénovés mais pour autant, la ville n’a pas perdu son âme. Les bahianais se mêlent aux touristes dans les ruelles escarpées et nous croisons de nombreuses « mamas africaines » (rien de péjoratif dans ce terme !) habillées de manière traditionnelle… On voit clairement le métissage entre portugais et africains et on se sent vraiment dépaysé par rapport à Rio, comme si on avait changé de pays voire même de continent !

Dame en tenue traditionnelle

Les percussions… la raison d’être de Salvador ^^ !

Nous déambulons et flânons une bonne partie de la matinée entre les différentes places et l’enfilade de ruelles pavées, bordées de jolis édifices aux tons pastel. Nous découvrons de splendides églises de style baroque qui furent construites par les esclaves eux-mêmes (qui ont parfois ajoutés leur petite touche personnelle !). Ces églises se distinguent par la profusion et la richesse de leur ornementation, extérieur comme intérieur.

Azulejos, carreaux de faïences bleues

Nous profitons d’une averse orageuse pour faire une petite halte au musée afro-brésilien, histoire d’en apprendre un peu plus sur le métissage de ces deux cultures et les correspondances entre l’Afrique et Bahia. La collection d’objets d’artisanat, objets sacrés et cérémoniels, sculptures sur bois et photos d’époque nous permet de voir les relations entre traditions brésiliennes et africaines, et en particulier les racines du « Candomblé ». Il s’agit d’une religion dont le nom nous était parfaitement inconnu, et qui est pratiquée par la plupart des habitants bahianais. Cette religion est donc profondément ancrée dans la culture bahianaise et elle constitue un véritable lien entre les bahianais et leurs ancêtres africains. Je ne m’y connais pas suffisamment pour décrire avec précision en quoi consiste cette religion mais pour faire simple, les Bahianais vouent un culte envers les « orixas » (divinités) qu’ils vénèrent au cours de cérémonie pendant lesquelles ils essaient d’entrer en contact avec ces esprits au travers de chants et de danses rituelles.

A midi, nous décidons de goûter à une des spécialités de la cuisine bahianaise : les fameux « acarajés ». Il s’agit de beignets de farine de haricots frits dans de l’huile de palme et garnis de crevettes. Ils sont cuisinés dans de grandes marmites et vendus sur de petits stands tenus par des dames afro-brésiliennes vêtues de leur costume traditionnel… le résultat est assez gras, pimenté et on s’en met un peu partout en les mangeant, mais c’est un des incontournables de la cuisine bahianaise, nourrissant et bon marché !

Notre stand d’acarajés !

Et voilà à quoi ressemble les fameux acarajés !

Nous prenons ensuite l’ascenseur qui permet de descendre dans la ville basse et attrapons un bus pour rejoindre la péninsule d’Itapagipe. C’est là que se trouve une des églises les plus emblématiques de Salvador qui porte le nom d’ « Igreja Nossa Senhora do Bonfim ». Les Bahianais attribuent à ce Senhor do Bonfim des pouvoirs de guérison miraculeux qui ont métamorphosé cette petite église ordinaire en un lieu de pèlerinage très fréquenté. Il y a donc à l’intérieur de l’église une salle des miracles, dans laquelle les croyants déposent des photos, des lettres, messages,… afin d’implorer la volonté du seigneur de bien vouloir les guérir, eux ou leurs proches. Il y a également des milliers de petits rubans porte-bonheur (appelés « fitas ») accrochés un peu partout dans l’église ou à l’extérieur. En liant une « fita » autour de son poignet, on fait un vœu qui est censé se réaliser lorsque la « fita » se détachera. Ces petits rubans en tissus colorés sont devenus un véritable symbole de Bahia. A notre tour, nous attachons une petite fita autour de nos poignets…

Igreja Nossa Senhora do Bonfim

Milliers de fitas (rubans colorés) attachés sur les barrières devant l’église

De retour dans la ville haute, nous faisons un saut au supermarché du coin pour acheter quelques bricoles pour notre repas de ce soir. Nous sympathisons avec nos deux nouveaux voisins de chambre : un couple franco-canadien qui vit au Québec… Nous discutons du Canada et dela France, et ils nous donnent vraiment envie avec leur pays ! A la nuit tombée, nous ressortons dans les rues de Bahia pour profiter de l’animation. Il y a de la musique qui s’échappe un peu partout dans les rues ou par les fenêtres des maisons, ou encore des petits groupes de musiciens qui se produisent ça et là, pas besoin de savoir où l’on va, il suffit de suivre le son ! Nous nous arrêtons un moment devant un groupe de percussionniste qui fait résonner la rue de leurs rythmes entêtants… ils ont vraiment ça dans la peau et leur show est juste énorme ! Leur spectacle improvisé dans la rue a beaucoup de succès mais malheureusement il sera assez vite interrompu par une averse diluvienne…

 

Découverte de Salvador : mercado modelo – ville basse – plages de Barra

Notre deuxième journée à Bahia commence par un tour au « mercado modelo », un marché d’artisanat situé dans un vieux bâtiment d’époque qui servait autrefois pour le commerce des esclaves. Nous déambulons entre les stands d’artisanat, faisons quelques emplettes et lorsque nous ressortons du marché, nous nous faisons attraper par deux diseuses de bonne aventure… elles commencent à nous attraper la main en voulant nous prédire je ne sais quel avenir, je parviens à m’extirper tant bien que mal mais Nico se fait avoir et finira par lui laisser 2 reals afin de s’en débarrasser… la dame n’a pas l’air ravie, mais c’est comme ça un point c’est tout !

Nous grimpons ensuite à bord d’un bus afin de nous rendre dans le quartier de Barra, situé au bord de la mer. Nous commençons par goûter la « moqueca », l’autre plat bahianais par excellence après les acarajés. Il s’agit d’un mélange de tomates, coriandre, citron, oignons et lait de coco mariné dans de l’huile de palme, agrémenté de crevettes et accompagné de riz, de farofa (farine de manioc) et d’une purée de flageolets à la noix de coco… autant le dire tout de suite, nous nous régalons purement et simplement ! Le plat est très copieux mais nous ne laissons pas une miette dans l’assiette, morfales que nous sommes !

Après cela, nous faisons une longue promenade digestive (bien méritée) le long de la plage, à proximité du phare de Barra. Comme nous sommes le week-end et qu’il fait à peu près beau, la plage est très fréquentée par les familles bahianaises. Nous nous asseyons un moment pour observer le va-et-vient sur la plage, les vendeurs ambulants qui se mêlent aux pêcheurs et aux baigneurs… l’endroit est assez pittoresque !

Plages de Barra, très pittoresque

Le soir, nous décidons de profiter une fois encore de l’animation de Salvador. A la base, nous voulions aller voir un concert dans la ville basse, mais nous tombons en chemin sur une ronde de Capoeira qui se déroule sur une des places du Pelourinho. Nous sommes attirés par les chants des capoeiristes et nous nous approchons pour en voir un peu plus. Nous assistons alors à une démonstration de Capoeira en bonne et due forme, et sommes bluffés par l’agilité des capoeiristes qui exécute leurs gestes avec beaucoup de souplesse et de précision… C’est une sorte de mélange entre le combat, l’art martial, le jeu et la danse, toujours dans le respect mutuel entre les adversaires. Les combattants s’opposent dans une « roda » (cercle) formée par les musiciens et autres capoeiristes qui jouent de la musique, tapent dans leurs mains et chantent ! Le rythme s’accélère au fur et à mesure du « combat » et une question nous taraude : comment font-ils pour ne jamais se mettre un coup de pied dans la figure ? L’expérience et des heures d’entrainement sans doute… En tout cas c’est très impressionnant ! A l’origine,la Capoeiradécoule d’une lutte africaine rituelle, qui était pratiquée par les esclaves. Interdite par les colons, elles se pratiquaient alors clandestinement. Aujourd’hui,la Capoeiraest une véritable institution à Bahia et elle connaît de plus en plus de succès auprès des jeunes ! Encore une belle preuve de l’héritage culturel africain…

Spectacle de rue

Petite démonstration de Capoeira

Notre dernière journée à Salvador est écourtée par notre départ pour Lençois (prononcé Lenchoïsss !) en début d’après-midi. Nous profitons de la matinée pour refaire un petit tour dans le Pelourinho, repasser par les endroits qu’on avait bien aimé, nous imprégner une fois de plus de l’atmosphère incroyable qui règne ici puis nous passons récupérer nos sacs à l’auberge avant d’attraper un bus pour rejoindre la gare routière. Sept heures de bus nous attendent pour rejoindre Lençois, ville située aux portes dela ChapadaDiamantina, un des plus beaux parcs nationaux du Brésil dans lequel nous comptons passer quelques jours. Nous occupons le trajet en regardant un film sur l’ordi « de l’eau pour les éléphants », une bien belle histoire…

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